Bruxelles, 20/11/2015 (Agence Europe) - Les grands groupes politiques au Parlement européen ont réservé un accueil prudent au premier état des lieux du projet d'Union de l'énergie, présenté par la Commission, mercredi 18 novembre. Les députés européens en débattront en plénière le 24 novembre à Strasbourg.
Au nom du groupe PPE, la Française Françoise Grossetête a insisté sur l'importance pour l'UE de défendre ses principes de sécurité énergétique et de diversification des approvisionnements afin de réduire sa dépendance extérieure, notamment vis-à-vis du gaz russe, réitérant les préoccupations à l'égard du projet de gazoduc Nord Stream-2. Mme Grosstête a aussi insisté sur la nécessité d'une meilleure gouvernance en matière d'énergie et de climat, d'un marché de l'électricité mieux organisé et d'une coopération régionale accrue.
Au nom du groupe S&D, la Belge Kathleen Van Brempt a plaidé pour une coordination accrue des efforts visant à soutenir la transition durable et à garantir une énergie abordable aux citoyens et aux entreprises. Mme Van Brempt a demandé une communication spécifique sur la pauvreté énergétique, assortie d'un plan d'action. L'Allemand Matthias Groote a, pour sa part, insisté sur la nécessité d'un système de gouvernance robuste et d'objectifs contraignants en matière d'efficacité énergétique.
Par la voix du Britannique Ian Duncan, le groupe CRE a accueilli cet état des lieux avec prudence, se félicitant toutefois que la liste des projets d'infrastructures clés retienne des projets d'interconnexion reliant le Royaume-Uni à l'Irlande, la France et la Belgique, et que les efforts du Royaume-Uni en matière de précarité énergétique soient reconnus. « L'accent mis sur l'investissement dans les infrastructures pour créer un marché de l'énergie libre est bienvenu, mais il reste beaucoup à faire pour abattre les barrières réglementaires afin de garantir une énergie propre et abordable aux consommateurs à travers l'Europe », a-t-il insisté.
Au nom du groupe ADLE, le Danois Morten Helveg Petersen a appelé les États membres à faire davantage pour réduire la dépendance de l'énergie fossile importée et pour décarboniser l'économie. « Dans de nombreux domaines, les gouvernements ne parviennent pas à tenir leurs objectifs, laissant l'Europe vulnérable aux pressions extérieures sur ses approvisionnements en gaz et en retard sur ses responsabilités en matière de changement climatique », a-t-il commenté, plaidant pour des « solutions intégrées » pour faire davantage en matière de renouvelables, pour réduire l'empreinte carbone et rationaliser la consommation d'énergie.
Pour le groupe Verts/ALE, le Luxembourgeois Claude Turmes s'est dit encouragé par une « position plus claire » sur la fin des subventions aux combustibles fossiles et un engagement renouvelé en faveur d'un objectif d'efficacité énergétique de 30% d'ici 2030, mais il juge que la vision d'ensemble sur la transition énergétique reste « incomplète ». « La Commission veut faire de l'UE le numéro un des renouvelables, mais elle ne parvient pas à esquisser comment parvenir à accroître l'ambition de l'UE à cet égard », critique-t-il, déplorant l'absence d'objectifs contraignants à l'horizon 2030. (Emmanuel Hagry)