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Bulletin Quotidien Europe N° 11434
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) climat

Les écologistes déplorent que les énergies renouvelables soient le parent pauvre de l'Union de l'énergie

Bruxelles, 19/11/2015 (Agence Europe) - L'énergie renouvelable est le « parent pauvre » de l'Union de l'énergie, ont déploré les écologistes, mercredi 18 novembre, jour où la Commission européenne a présenté son état des lieux de l'Union de l'énergie et son calendrier législatif pour lui donner corps (EUROPE 11433).

À dix jours de l'ouverture de la COP 21 (20 novembre - 11 décembre) à Paris, tant les Verts/ALE au Parlement européen que les ONG environnementales auraient espéré davantage d'ambition en matière d'énergies renouvelables et de décarbonisation. Ils continuent d'estimer que l'objectif d'énergies renouvelables de l'UE (au moins 27%, en tant qu'objectif non contraignant pour les États membres) pour l'horizon 2030 est insuffisant pour favoriser la transition énergétique vers des énergies propres, la transformation de l'UE en économie à faible teneur en carbone et l'indépendance énergétique de l'UE.

De l'avis des Verts/ALE au Parlement, la vision de la transition énergétique de la Commission, en dépit d'éléments positifs, offre « un tableau incomplet ». L'eurodéputé Claude Turmes (Verts/ALE, luxembourgeois), porte-parole de son groupe pour l'énergie, estime que la Commission a « échoué à énoncer comment accroître l'ambition de l'UE pour réaliser la promesse faite par le président Juncker de faire de l'Europe le Numéro Un au monde en matière d'énergies renouvelables ». « Cela menace notre leadership en matière de technologies propres dans les secteurs de l'éolien et des solutions pour l'environnement urbain, et nous fera perdre notre leadership dans d'autres secteurs comme le photovoltaïque », estime-t-il. Il considère qu'en s'en tenant à l'objectif de renouvelables « trop faible et non contraignant » convenu pour 2030, l'UE a « manqué l'opportunité de montrer, avant la COP 21, que l'Europe va de l'avant ».

Au nombre des points positifs, le groupe salue en revanche l'ambition de la Commission en matière d'efficacité énergétique qui réaffirme l'objectif de 30% à l'horizon 2030. « La Commission a clairement reconnu certaines priorités clés qui doivent être réalisées si l'Union de l'énergie doit réellement constituer la base d'une transition énergétique bien pensée. Alors que le G20 s'oriente dans cette direction et à quelques jours de la conférence climatique cruciale des Nations unies, il est important que l'UE s'engage enfin à mettre un terme aux subventions aux combustibles fossiles », souligne M. Turmes qui juge encourageant « le ton, plus ferme qu'espéré utilisé, par la Commission ».

Très critique, Greenpeace accuse la Commission de « snober » les énergies renouvelables et attribue « ce manque d'ambition » au triomphe du lobbying industriel. « Après des mois de lobbying industriel, il n'est pas étonnant que M. Sefcovic n'ait en tête que le gaz, le gaz, le gaz et rien d'autre. Passer du charbon au gaz maintiendra l'UE dans sa dépendance à l'égard des oligarques et de régimes douteux et ralentira la transition vers des énergies renouvelables produites à l'intérieur de l'UE. La décarbonisation, l'indépendance énergétique et l'autosuffisance en production d'énergies renouvelables devraient être au coeur du projet d'Union de l'énergie », a déclaré Bram Claeys, responsable de la politique du climat et de l'énergie au bureau européen de Greenpeace.

Cela d'autant qu'un nouveau rapport publié le 18 novembre par l'ONU, à la demande des gouvernements du monde entier pour les aider à mener des politiques climatiques optimales, présente une multitude de possibilités déjà existantes pour mener des politiques efficaces dans six domaines, au premier rang desquels les énergies renouvelables (mais aussi l'efficacité énergétique, les transports, l'utilisation des terres, le captage et le stockage du carbone, le contrôle des gaz à effet de serre autres que le CO2). (Aminata Niang)

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