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Bulletin Quotidien Europe N° 11434
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) jai

La Grèce et la Turquie s'engagent à surveiller davantage leurs frontières

Bruxelles, 19/11/2015 (Agence Europe) - Les Premiers ministres grec et turc, Alexis Tsipras et Ahmet Davutoglu, se sont engagés, mercredi 18 novembre à Ankara, à unir « urgemment » leurs efforts pour contenir les flux de réfugiés vers l'UE depuis le territoire turc, a rapporté l'AFP. Lors d'une rencontre, les deux hommes se sont engagés à renforcer la coopération entre leurs services de migration et leurs garde-côtes et à lutter contre le trafic d'êtres humains.

Pour la Grèce comme pour la Turquie, « notre priorité devrait être de mettre un terme à cette tragédie humanitaire dans la mer Égée », a expliqué Alexis Tsipras. « C'est une crise internationale, personne ne peut la combattre seul », a ajouté le Premier ministre grec.

Le responsable grec a aussi plaidé pour des efforts conjoints renouvelés après les attentats de Paris du 13 novembre qui ont mis en lumière un lien entre les assaillants et les flux migratoires dans l'UE. Cette frontière gréco-turque est une source particulière de préoccupation pour les Européens et notamment les Français qui, dans une note préparatoire en vue du Conseil Justice et Affaires intérieures extraordinaire du 20 novembre, ont demandé qu'elle soit davantage surveillée.

Paris demande notamment que les migrants qui arrivent dans l'UE fassent systématiquement l'objet de strictes vérifications de sécurité, y compris dans les bases de données du SIS ou Interpol et que les contrôles des frontières les plus exposées, comme la frontière gréco-turque, soient renforcés rapidement. La France demande aussi que, dans les cas urgents et après avoir procédé au mécanisme d'évaluation Schengen, des équipes RABIT (intervention rapide aux frontières) de l'agence Frontex soient déployées à cette frontière gréco-turque.

La Turquie abrite actuellement environ 2,2 millions de réfugiés sur son sol. L'UE prépare avec elle un plan d'action pour qu'elle régule les arrivées d'une partie d'entre eux vers l'UE. La Commission a proposé à Ankara un budget de 3 milliards d'euros sur 2 ans, montant qui ne serait « pas le dernier mot » de la Commission - a suggéré, mercredi 18 novembre, le président Jean-Claude Juncker, lors d'un débat à Bruxelles -, afin que le pays contrôle mieux la frontière avec la Grèce et offre des possibilités d'intégration sur son sol, notamment par l'emploi, aux réfugiés syriens. En échange, la Turquie s'engagerait aussi à mettre en oeuvre pleinement l'accord de réadmission signé en 2013 avec la Commission et qui oblige le pays à reprendre sur son territoire les personnes entrées illégalement dans l'UE depuis son territoire.

Plus de 650 000 personnes sont arrivées sur les îles grecques depuis le début 2015, principalement via cette route qui traverse la Turquie, selon l'Organisation internationale pour les Migrations. 512 personnes y ont trouvé la mort. (Solenn Paulic)

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