Bruxelles, 19/11/2015 (Agence Europe) - Les colons israéliens ont rendu la solution à deux États impossible, a affirmé l'ancien ministre français des Affaires étrangères Hubert Vedrine, lors d'un débat à Bruxelles, mercredi 18 novembre.
Selon lui, « les colons ont gagné », car « la solution à deux États a été tuée par la droite et l'extrême droite israéliennes ». « Un jour ou l'autre, les Palestiniens vont dire 'Nous sommes dans un seul grand État et nous demandons à avoir des droits égaux car nous sommes majoritaires' », a-t-il ajouté, en estimant ensuite que « c'est ce que Yitzhak Rabin (ancien Premier ministre d'Israël, Ndlr) voulait éviter ».
Il a rappelé, en s'exprimant lors d'un débat dans le cadre des Journées de Bruxelles de l'Obs, qu'il y avait 500 000 colons dans les territoires palestiniens occupés. Il a dénoncé « le verrouillage » des colons sur le parlement israélien (la Knesset) et celui de la Knesset sur le congrès américain. Cela paralyse la situation, selon lui.
Plus tôt dans la journée, Maja Kocijancic, porte-parole de la Haute Représentante pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, avait dénoncé les annonces d'une nouvelle possible expansion de colonies dans Jérusalem-Est avec la mise en vente de 436 logements à Ramat Shlomo et 18 autres à Ramot. Selon elle, ces nouveaux projets de construction risquent « d'enflammer la situation sur le terrain et de saper davantage la confiance entre les parties, ce qui est une condition de base pour relancer un véritable processus politique ». Comme à chaque nouvelle annonce de colonies, elle a précisé que l'UE « attendait du gouvernement israélien qu'il démontre son engagement à la solution à deux États non seulement par des paroles mais aussi par des actes ». Elle a réaffirmé la ferme opposition de l'UE à la politique de colonisation de l'État hébreux.
Lors du débat aux Journées de Bruxelles, l'ancien ministre espagnol des Affaires étrangères et ex-émissaire de l'UE pour le Proche-Orient, Miguel Ángel Moratinos, s'est lui montré plus optimiste, déclarant qu'une résolution du conflit israélo-palestinien était possible en 2016. « Le moment est venu » pour que l'Europe prenne « une initiative de paix et cela donnerait un poids incroyable à l'UE », a-t-il estimé au côté de Mme Mogherini, qui participait également à ce débat. (Camille-Cerise Gessant)