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Bulletin Quotidien Europe N° 11430
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SOMMET DU G20 / (ae) g20

Les migrations et la crise syrienne domineront le sommet d'Antalya

Bruxelles, 13/11/2015 (Agence Europe) - Les leaders des 20 plus grandes puissances mondiales évoqueront le phénomène des migrations dans le monde et la crise en Syrie lors de leur sommet annuel qui se tiendra à Antalya (Turquie), les dimanche 15 et lundi 16 novembre.

Les Européens soutiennent la démarche du pays hôte qui a inscrit le défi migratoire au dîner des leaders mondiaux, dimanche soir, en même temps que la question du terrorisme. Ils savent que d'autres puissances, comme la Chine et la Russie, considèrent que le G20, traditionnellement focalisé sur les questions économiques et financières, n'est pas l'enceinte appropriée pour évoquer la question des réfugiés. « Ce sera difficile à vendre. Certains pays disent que la migration n'est pas un sujet pour le G20 », a confirmé un haut fonctionnaire européen. L'inscription dans la déclaration finale du sommet d'une référence aux migrations relève donc de la gageure. L'enjeu est pourtant mondial même si, en Europe, son évocation fait d'abord penser à l'afflux actuel de réfugiés fuyant la guerre en Syrie ou en Afghanistan et de migrants africains.

À Antalya, les présidents Conseil européen, Donald Tusk, et de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, plaideront pour que soient reconnus l'échelle et l'impact du défi migratoire sur les économies (EUROPE 11424). Ils lanceront un appel pour que les pays du G20 s'assurent que les organisations financières internationales impliquées dans l'aide aux réfugiés soient suffisamment dotées et accroissent leurs efforts en matière de réinstallation ('resettlement').

En vue du sommet du G20, la directrice générale du FMI, Christine Lagarde, a indiqué, en début de semaine dans un blog, que les calculs de l'organisation financière internationale montrent « un impact positif modéré des migrants sur la croissance dans les pays de l'UE ». Une position que partage la Commission européenne dans ses prévisions économiques d'automne pour les États membres (EUROPE 11425).

L'Union européenne et la Turquie, qui accueille plus de 2 millions de Syriens sur son sol, négocient un plan d'action destiné à freiner l'afflux de réfugiés tentant d'entrer en Europe principalement par la Grèce via le territoire turc (EUROPE 11404). Jeudi 12 novembre lors d'un sommet informel à Malte, les leaders européens ont fait part de leur volonté d'accélérer leur coopération en matière de migration avec la Turquie, via notamment un nouveau sommet bilatéral, peut-être fin novembre ou début décembre (EUROPE 11429).

La Syrie au centre des préoccupations. De par sa proximité géographique avec la crise syrienne et la présence de leaders directement impliqués dans le conflit, le sommet d'Antalya sera l'occasion d'évoquer la situation en Syrie. Renforcé sur le plan intérieur après sa nette victoire électorale et malgré certaines dérives autocratiques, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, s'est dit prêt à prendre des mesures plus énergiques pour combattre les mouvements kurdes qu'ils qualifient de menace terroriste. La Turquie, qui a ouvert ses bases aériennes aux avions de la coalition internationale conduite par les États-Unis en vue de frapper l'État islamique, veut la chute du régime syrien de Bachar al-Assad, lui-même épaulé par la récente intervention militaire de la Russie. Moscou est également à l'offensive sur le plan diplomatique avec des propositions pour une récente transition politique en Syrie. Une rencontre bilatérale en marge du sommet d'Antalya entre les présidents russe, Vladimir Poutine, et américain, Barack Obama, n'était pas confirmée, vendredi 13 novembre.

L'UE pour une redéfinition du rôle du G20. Les leaders mondiaux feront également le point sur la situation économique et financière, marquée par un ralentissement de la croissance dans les pays émergents et des politiques monétaires divergentes entre les États-Unis et l'Europe.

Au niveau européen, on plaide pour une « redéfinition » du rôle du G20. Établie pour affronter la crise financière mondiale de 2008 née de l'éclatement de la bulle immobilière aux États-Unis, cette enceinte pourrait devenir « un instrument de prévention des crises », selon ce haut fonctionnaire européen. D'où l'élaboration du coussin TLAC ('total loss-absorbing capacity') par le Comité FSB de stabilité financière pour les 30 plus grandes banques systémiques dont 12 sont établies dans l'UE (EUROPE 11427). Ces banques devront détenir un coussin de sécurité destiné à absorber d'éventuelles pertes et qui sera équivalent à 16% des actifs pondérés en fonction des risques au 1er janvier 2019 et à 18% d'ici à 2022. Le ratio de levier de ces banques devra être de 6% début 2019 et de 6,75% début 2022. Les banques établies dans des pays émergents disposeront de délais supplémentaires: 2025 pour le coussin de sécurité et 2028 pour le ratio de levier.

Enfin, le sommet du G20 entérinera le plan d'action 'BEPS' de l'OCDE de lutte contre l'optimisation fiscale dommageable des multinationales qui a fait l'objet d'un accord au 'G20 Finances' de Lima, en octobre (EUROPE 11407). L'UE prétend être en pointe dans ce domaine avec une législation adoptée sur l'échange automatique des rescrits fiscaux ('tax rulings') et une autre, qui sera dévoilée début 2016, en vue d'intégrer dans le droit européen des éléments du plan d'action 'BEPS'. Elle plaidera pour un suivi attentif des mesures prises par les participants de la part de l'OCDE. (Mathieu Bion)

 

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