Bruxelles, 13/11/2015 (Agence Europe) - La Conférence mondiale des radiocommunications (CMR-15) a attribué, mercredi 11 novembre à Genève, une bande de fréquence radioélectrique destinée exclusivement au suivi des vols à l'échelle mondiale pour l'aviation civile qui sera opérationnelle en 2017.
Ainsi, les fréquences situées entre 1087,7 et 1092,3 MHz ont été attribuées au système ADS-B ('Automatic Dependent Surveillance-Broadcast'). Il s'agit d'une technologie qui permet, grâce à la mise en place d'une constellation de satellites, le suivi des appareils en vol, et ce, quelle que soit la zone géographique.
À l'heure actuelle, en effet, seulement 30% des zones aériennes mondiales sont couvertes. Sur la base de ce constat et à la lumière de la disparition inexpliquée du vol MH370 de la Malaysia Airlines en mars 2014, les eurodéputés avaient adopté une résolution fin octobre demandant à la Commission de soutenir le projet d'adoption d'une radiofréquence lors de la CMR-15 (EUROPE 11422).
La mise en oeuvre de ces fréquences incombera à l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI) responsable de l'élaboration des normes et pratiques pour les systèmes de détermination de position et de suivi des vols civils. Cette dernière organisation avait, en mai 2014, demandé à l'institution spécialisée IUT des Nations unies pour les technologies de l'information et de la communication de prendre des mesures rapides pour attribuer des fréquences aux satellites en vue de rendre le système opérationnel. Dès octobre 2014, l'UIT avait demandé à la CMR-15 d'inscrire la question à son ordre du jour.
Un tel système n'a été rendu possible qu'avec l'apparition des appareils long-courriers de nouvelles générations fortement informatisés apparus il y a une dizaine d'années sur les marchés, type A330 ou Boeing 777, explique une source européenne proche du dossier. Jusqu'au drame du vol MH370, les États rechignaient à s'attaquer à la question de l'attribution des fréquences, notamment les États-Unis, toujours selon la même source. Depuis, le dossier a connu une forte accélération, avec l'appui entre autres des pays européens, de la Malaisie, de l'Australie et de la Chine, directement concernés par la disparition. (Pascal Hansens)