Bruxelles, 10/11/2015 (Agence Europe) - Les ministres européens des Finances ont confirmé, mardi 10 novembre, leur engagement à augmenter les financements climatiques pour permettre à l'UE de prendre sa juste part dans les 100 milliards de dollars promis à l'horizon 2020 par les pays riches pour soutenir les efforts d'adaptation et d'atténuation des pays en développement.
Les conclusions unanimes qu'ils ont adoptées précisent que les financements privés devront compléter et non se substituer aux fonds publics, mais, sans surprise, ne mentionnent aucun chiffre pour les années à venir. Elles soulignent que l'UE et ses États membres ont fourni 14,5 milliards de dollars de financement climatique en 2014, ce qui représente une augmentation par rapport à 2013 (9,5 milliards).
Le montant pour 2015 ne devrait pas dépasser de beaucoup 13,6 milliards de dollars, chiffre indicatif dont la mention avait été initialement envisagée avant d'être biffée (EUROPE 11426) « C'est un mandat ambitieux de l'Ecofin pour la COP 21, complémentaire de celui arrêté par les ministres de l'Environnement. L'UE est prête à contribuer de manière significative aux besoins de la lutte contre le changement climatique », a estimé Pierre Gramegna, président en exercice du Conseil Ecofin. Les ONG sont d'un tout autre avis.
Le Conseil insiste sur l'importance d'un partage de l'effort équitable entre les pays développés et reconnait que le financement climatique sera « une part importante » de l'accord mondial à conclure à Paris pour atteindre l'objectif d'une hausse moyenne de la température mondiale sous la barre de 2 degrés C. Il confirme l'engagement de l'UE et de ses États membres à faire rapport de manière transparente sur le financement climatique et exprime son soutien à l'élaboration d'un cadre international solide de mesure, de déclaration et de vérification (MRV en anglais) des flux de financement climatique.
L'eurodéputé Jo Leinen (S&D, allemand), qui espérait un « paquet crédible et ambitieux sur le financement climatique avant Paris », reproche au Conseil d'être resté « dangereusement vague sur la manière dont les fonds seront agrégés dans les années à venir ». Les ONG CAN Europe, Oxfam et WWF sont, elles aussi, déçues car, selon elles, cette position du Conseil Ecofin «risque d'affaiblir l'alliance de l'UE avec les pays les plus vulnérables au changement climatique ». (Aminata Niang)