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Bulletin Quotidien Europe N° 11428
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POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) jai

La Valette, un Sommet pour aider l'Afrique en échange d'une coopération sur l'immigration irrégulière

Bruxelles, 10/11/2015 (Agence Europe) - Alors que l'attention se porte essentiellement depuis le mois de septembre sur la route migratoire dite des Balkans et de la Méditerranée orientale, les dirigeants européens se réuniront mercredi 11 et jeudi 12 novembre à La Valette (Malte) pour un Sommet destiné à contrer l'immigration en provenance de l'Afrique et à travailler avec leurs homologues africains sur les causes plus structurelles de cette immigration.

C'est en tout cas l'objectif affiché par la partie européenne qui avait lancé l'idée de ce Sommet UE/Afrique consacré à l'immigration après la série de tragédies en mer survenues au mois d'avril 2015, des centaines de migrants embarqués essentiellement en Libye ayant péri à cette époque lors de leur traversée de la Méditerranée. Si actuellement 1 migrant sur 7 arrive par la voie de la Méditerranée centrale et tous les autres par la voie des Balkans, expliquait un officiel européen, lundi 9 novembre, ce Sommet reste « très pertinent, car la migration africaine est de long terme et d'une nature structurelle », liée à la fois aux zones de conflits ou d'instabilité politique, notamment au Sud-Soudan, en Somalie ou en Érythrée, ou encore à la pauvreté.

L'UE a donc l'ambition de travailler sur les causes profondes de cette immigration et devrait pour cela proposer à ses partenaires africains une sorte d'accord 'donnant-donnant' ou reposant sur la « conditionnalité ». Cet accord devrait consister en des offres de migration légale vers l'UE pour les étudiants africains ou les professeurs (l'idée est de doubler les scolarités permises par le programme Erasmus + d'ici à 2016, par exemple) et des engagements à renforcer le développement socio-économique du continent. L'idée est aussi d'arriver à financer le 'EU trust fund' récemment lancé par la Commission et que celle-ci espère voir alimenté par les États membres dès cette semaine à La Valette. Les États membres se sont engagés à le doter de 1,8 milliard d'euros fin septembre.

Réadmission, retour et 'centres' de migrants restent des sujets sensibles

Mais l'UE pose aussi beaucoup de conditions et, selon cet officiel européen, des questions resteront à régler à La Valette, notamment en ce qui concerne la politique de retour et de réadmission par les pays africains de leurs ressortissants se trouvant en situation irrégulière dans l'UE. L'UE voudrait en effet que les taux de retours augmentent et veut développer des accords opérationnels très pratiques avec les pays d'Afrique. L'UE souhaite aussi imposer un document standard valable dans toute l'UE pour assurer le retour de la personne en situation irrégulière, à savoir le 'laissez-passer UE'. Les partenaires africains souhaiteraient, eux, que l'accent soit davantage mis sur les retours dits volontaires et sur les offres de migration légale, a commenté cette source.

Un autre sujet source de contentieux pourrait être discuté à La Valette, comme le souhaite l'UE, mais a été retiré des derniers projets de déclarations (une déclaration politique et un plan d'action devraient être adoptés plus précisément) car il heurtait la sensibilité des pays africains, à savoir la création de centres, en Afrique, de réception des migrants qui pourraient y être enregistrés, identifiés et dont les demandes d'asile pour l'UE pourraient déjà commencer à être étudiées et, peut-être même, rejetées.

« On souhaite continuer à réfléchir avec nos partenaires africains », a poursuivi cette source. « Un grand nombre de candidats à l'immigration prennent la route sans connaître les risques pour leur vie ; donc l'idée était d'avoir des centres dans les pays de départ ou de transit qui puissent leur donner de l'information sur les risques qu'ils prennent et les procédures administratives en Europe », mais aussi, éventuellement, procéder « à une première étape administrative, à un pré-screening pour voir si le candidat à l'asile dans l'UE a une chance quelconque d'y être admis », a ajouté l'officiel.

Du côté des États membres, certains « veulent plus, donner d'autres fonctions à ces centres », quand d'autres demandent que la nature de ces centres soit mieux définie. L'idée reste, en tout cas, d'arriver à une solution partagée et non imposée à tout le monde. 63 leaders européens et africains sont attendus à La Valette pendant ces deux jours. La plupart des leaders européens se réuniront ensuite le 12 novembre de manière informelle, notamment pour discuter de la situation migratoire dans l'UE. (Solenn Paulic)

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