Strasbourg, 09/09/2015 (Agence Europe) - Le président de la Commission européenne a renouvelé, lors de son allocution, son souhait de parvenir à un accord équitable ('fair deal') avec le Royaume-Uni qui doit se prononcer d'ici à la fin de l'année 2017 sur sa relation avec l'Union européenne et dont il veut le maintien. Le Luxembourgeois n'a toutefois pas annoncé d'éléments spécifiques lors de son discours prononcé mercredi 9 septembre, rappelant essentiellement que sa Commission lance des initiatives en lien avec les demandes britanniques.
« Bien sûr, le Royaume-Uni et les responsables politiques britanniques ont raison quand ils critiquent une UE trop bureaucratique, mais le programme de travail de la Commission consiste à alléger cette bureaucratie ». Le président a ainsi rappelé qu'avec Frans Timmermans, Premier vice-président, la Commission fait « tout ce qui est possible pour que la législation soit meilleure ». Ce qui ne signifie pas toutefois « qu'il faut que l'UE ne s'intéresse à rien », a-t-il remarqué, s'en référant à des projets européens comme l'Union de l'énergie, le parachèvement du marché intérieur ou des initiatives favorisant l'esprit d'entreprise qui peuvent directement rencontrer les souhaits britanniques et vont « dans le sens de ce que prônent les responsables britanniques ».
Dans une version non prononcée de son discours, M. Juncker reconnaît l'idée que tous les États membres peuvent ne pas participer à toutes les politiques européennes. Il rappelle notamment que Londres dispose déjà de protocoles spécifiques sur la législation européenne (l'euro ou les Affaires intérieures et la Justice), mais le Royaume-Uni se devra aussi d'être « juste » avec ses partenaires en n'empêchant pas non plus une intégration plus poussée qu'ils pourraient souhaiter.
Le président Juncker a toutefois estimé que beaucoup de choses pouvaient être faites avec le Royaume-Uni, notamment dans le domaine aujourd'hui empli de défis qu'est la politique étrangère.
MM. Juncker et Cameron s'étaient rencontrés dans la foulée des élections de mai dans la région de Londres. Aucune nouvelle visite bilatérale n'est prévue avant celle qui s'inscrira en marge du Sommet européen du mois d'octobre. La Commission européenne a par ailleurs lancé, début septembre, sa task force pour travailler sur les demandes de renégociation formulées par Londres. (Solenn Paulic)