Bruxelles, 22/01/2015 (Agence Europe) - Prévention de la radicalisation, effacement des contenus illégaux sur les sites Internet, définition commune du combattant étranger ou encore solutions pour permettre aux autorités compétentes de contourner les dispositifs de cryptage des entreprises: telles sont quelques-unes des idées soumises par le coordinateur européen pour la lutte contre le terrorisme, Gilles de Kerchove, aux ministres de l'Intérieur de l'UE, qui se réuniront le 29 janvier à Riga.
Dans une note révélée par le site Statewatch, Gilles de Kerchove énumère quelques pistes possibles d'action pour les ministres, incluant notamment, comme indiqué par EUROPE, une éventuelle demande de nouvelle directive sur la rétention des données personnelles ou la relance des discussions sur un système européen de suivi du financement du terrorisme. Parmi les autres outils très médiatisés cités figurent le PNR européen (Passengers Name Record), le code 'frontières Schengen' ou le Système d'information Schengen dont les fonctions pourraient être renforcées aux frontières externes de l'UE.
La note de M. de Kerchove contient beaucoup d'autres propositions sensibles, notamment sur le 'cryptage' des messages, qui ont fait réagir, mercredi 21 janvier, plusieurs eurodéputés. Le coordinateur suggère en effet que les États membres puissent accéder aux communications d'utilisateurs d'applications de compagnies telles que WhatsApp par exemple qui avaient renforcé leurs dispositifs de confidentialité après les révélations d'Edward Snowden. Depuis ce scandale, les compagnies télécoms et Internet ont commencé à utiliser des dispositifs 'décentralisés ' de cryptage, rendant l'accès légal des autorités compétentes de plus en plus difficile, écrit Gilles de Kerchove. La Commission, dit le coordinateur, pourrait être invitée à explorer des règles « obligeant ces compagnies opérant dans l'UE, sous certaines conditions prévues dans les lois nationales et en plein respect des droits fondamentaux, à fournir un accès aux autorités compétentes ».
« Au lieu de protéger les citoyens, cela mettra en danger la sécurité des citoyens et bafouera les droits fondamentaux à la protection des données et à la vie privée », a déclaré Jan Philipp Albrecht (Verts/ALE, allemand). Gilles de Kerchove voudrait aussi que les États membres avancent sur une définition commune du combattant étranger pour faciliter la réponse européenne, consistant à « aller à l'étranger rejoindre une organisation terroriste et y combattre » par exemple. Renforcer les pouvoirs d'Europol sur les contenus illégaux sur certaines plateformes, via un système de 'drapeaux', constitue une autre piste. Selon M. de Kerchove et les données d'Europol, jusqu'à 5 000 Européens seraient impliqués aujourd'hui dans le djihad à l'étranger. (SP)