login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 11236
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) alimentation

Les députés réclament l'étiquetage d'origine de la viande transformée

Bruxelles, 22/01/2015 (Agence Europe) - Le pays d'origine de la viande utilisée comme ingrédient dans les plats préparés devrait figurer sur l'étiquetage, comme c'est déjà le cas pour la viande bovine fraîche, ont estimé, mercredi 21 janvier, les députés de la commission de l'environnement, de la santé publique et de la sûreté alimentaire du Parlement européen. La résolution qu'ils ont adoptée à une large majorité (48 voix pour, 15 voix contre et 4 abstentions) presse la Commission européenne de présenter des propositions législatives pour rendre obligatoire l'indication du pays d'origine de la viande utilisée dans des aliments transformés, afin d'accroître la transparence tout au long de la chaîne alimentaire et de mieux informer les consommateurs européens.

Selon eux, une telle législation s'impose pour rétablir rapidement la confiance des consommateurs, mise à mal par le scandale de la viande de cheval vendue frauduleusement pour du boeuf dans les lasagnes (EUROPE 11046 et 10989). Les députés sont en effet inquiets des conséquences possibles des fraudes alimentaires sur la sécurité des aliments, sur la confiance et la santé des consommateurs, sur le fonctionnement de la chaîne alimentaire ainsi que sur le prix des produits agricoles.

Le 17 décembre 2013, la Commission européenne avait soumis un rapport sur les conséquences éventuelles d'un étiquetage obligatoire du pays d'origine ou du lieu de provenance de la viande utilisée comme ingrédient sans proposer la moindre législation. Les députés rappellent que, de l'aveu même de la Commission, 90% des consommateurs interrogés jugent important que l'étiquette des produits alimentaires transformés mentionne l'origine de la viande. Il s'agit de l'un des facteurs influençant le comportement des consommateurs, ajoutent-ils.

Les eurodéputés font en outre observer que les estimations des conséquences possibles sur les prix, fondées sur les résultats de la recherche menée par l'association de consommateurs française 'Que choisir', divergent fortement des résultats du rapport de la Commission. Ils sont d'avis que l'évaluation devrait être menée en coopération avec les organisations de consommateurs et ne devrait pas retarder les propositions législatives.

Ces propositions devraient permettre aux entreprises européennes d'opérer de manière économiquement viable et dans des conditions compatibles avec le pouvoir d'achat des consommateurs.

Le BEUC salue un pas dans la bonne direction. Le Bureau européen des unions de consommateurs (BEUC) s'est aussitôt félicité de ce vote. Il y voit un pas vers la levée du mystère qui entoure l'origine de la viande dans les plats préparés vendus dans toute l'UE. «90% des consommateurs de l'UE veulent savoir d'où provient la viande des burgers ou des saucisses qu'ils mangent. Les coûts sont au coeur du débat. Alors que la Commission a conclu que l'étiquetage d'origine provoquerait une hausse des prix de 15% à 50%, les résultats en France ont montré qu'une barquette de lasagne ne coûterait que 1,5 centimes d'euros de plus. Cet écart très important exige indéniablement un réexamen approfondi des coûts réels générés par l'étiquetage d'origine », commente Camille Perrin, expert en questions alimentaires au BEUC.

Les députés appellent aussi la Commission à adopter des règles sur l'étiquetage d'origine sur une base volontaire. « Les consommateurs ont le droit de savoir si le bacon prétendument d'origine britannique est en fait constitué de porc en provenance d'un autre pays », reconnaît le BEUC, en soulignant toutefois que « l'objectif essentiel est l'étiquetage obligatoire ». Le BEUC espère que le Parlement européen suivra sa commission de l'environnement lorsqu'il se prononcera en session plénière en février. (AN)

Sommaire

ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
POLITIQUES SECTORIELLES
ACTION EXTÉRIEURE
INSTITUTIONNEL
COUR DE JUSTICE DE L'UE
CONSEIL DE L'EUROPE
AFFAIRES & ENTREPRISES N°131