Bruxelles, 22/01/2015 (Agence Europe) - Les ministres des Affaires étrangères de la France, Laurent Fabius, de l'Allemagne, Frank-Walter Steinmeier, de la Russie, Serguei Lavrov, et de l'Ukraine, Pavlo Klimkin, ont appelé, mercredi 21 janvier, lors d'une nouvelle rencontre, à la cessation immédiate des combats.
Notant « avec préoccupation » que les combats dans la région de Donbass avaient « gravement dégénéré », ils ont souligné, dans un communiqué commun, que « cela devait cesser immédiatement et que le calme devait être restauré ». Ils ont appelé « tous les acteurs sur le terrain » à respecter « pleinement » ces appels.
Ainsi, les ministres ont appelé toutes les parties concernées « à cesser les hostilités et à retirer les armes lourdes », comme convenu dans les accords de Minsk. « Il y a finalement eu un accord conclu prévoyant que la ligne de démarcation mentionnée dans le protocole de Minsk sera la ligne à partir de laquelle devra commencer dès maintenant le retrait des armes lourdes », a annoncé le ministre allemand à l'issue de la rencontre. La ligne se situe à 15 kilomètres de chaque côté de la frontière.
Les ministres ont demandé à tous les signataires des accords de Minsk, c'est-à-dire les représentants de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), de la Russie, de l'Ukraine et des Républiques populaires de Donetsk et Lougansk, de se rencontrer dans les prochains jours pour mettre en oeuvre le cessez-le-feu et le retrait des armes lourdes et de créer les conditions d'une pleine mise en oeuvre des dispositions des accords de Minsk. Les chefs de la diplomatie ont aussi invité le Groupe de contact trilatéral, composé de représentants de la Russie, de l'Ukraine et de l'OSCE à créer des groupes de travail sur les aspects « pertinents » des accords de Minsk. M. Fabius a expliqué que le Groupe se réunirait « dans les jours qui viennent » pour mettre en oeuvre le retrait des armes lourdes.
MM. Fabius, Lavrov, Klimkin et Steinmeier ont rappelé que des progrès tangibles sur la mise en oeuvre intégrale des accords de Minsk devaient être faits avant une réunion des présidents et de la chancelière à Astana, « en particulier par la création des conditions pertinentes pour un cessez-le-feu effectif, un accord sur les modalités pour la livraison de l'aide humanitaire et sur la poursuite de la libération des détenus ».
Si le ministre allemand a considéré qu'il y avait eu des « progrès perceptibles » lors de la rencontre, sur le terrain la tension augmente. Quelques heures avant la réunion, le président ukrainien, Petro Porochenko, avait affirmé que « plus de 9 000 soldats de la Fédération de Russie » se trouvaient en Ukraine « avec plus de 500 chars, pièces d'artillerie lourde et véhicules de transport de troupes ». Dans l'est du pays, les combats font rage et 13 personnes ont été tuées le 22 janvier par la chute d'un obus sur un trolleybus. Plus de 5 000 personnes sont mortes depuis le début du conflit. (CG)