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Bulletin Quotidien Europe N° 11200
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) ukraine

M. Steinmeier pas optimiste sur une sortie de crise

Bruxelles, 19/11/2014 (Agence Europe) - En visite à Moscou mardi 18 novembre, le ministre des Affaires étrangères allemand, Frank-Walter Steinmeier, s'est dit « pas optimiste » quant à une sortie de crise en Ukraine. « Il n'y a pas de fondement pour l'optimisme dans la situation actuelle », a-t-il expliqué, lors d'une conférence de presse avec son homologue russe, Sergueï Lavrov.

M. Steinmeier et M. Lavrov ont tous deux insisté sur l'importance des accords de Minsk. Un outil diplomatique « unique » selon le Russe, « principal » pour M. Steinmeier. « Même s'il y a des raisons de se dire que les obligations les plus importantes n'ont pas été remplies, l'abandon de ce document serait toutefois une grande perte », a prévenu M. Steinmeier. « Nous devons maintenant faire un effort, même s'il s'agit d'un effort immense, pour donner une nouvelle impulsion » aux négociations visant à trouver un règlement du conflit ukrainien, a-t-il ajouté.

« Les accords de Minsk ne sont pas parfaits, mais c'est la seule chose qui a été soutenue par tous les acteurs clés »: l'Union européenne, les États-Unis, le gouvernement et les séparatistes ukrainiens et la Russie, a rappelé M. Lavrov. Pour lui, « la tâche la plus importante actuellement est la poursuite d'un dialogue direct stable » entre le gouvernement ukrainien et les séparatistes.

L'UE a besoin d'une nouvelle stratégie, selon Pat Cox

De son côté, lors d'une conférence organisée par Les Midis du Cife, mercredi 19 novembre, l'ancien co-président de la mission d'observation en Ukraine, l'Irlandais Pat Cox, a appelé l'UE à avoir une nouvelle stratégie envers l'Ukraine. Selon lui, si appeler aux armes serait un « désastre pour l'Ukraine », il faut « agir, trouver une réponse ». Il a rappelé que l'UE n'était pas fondée sur la force des armes, mais sur la force de la loi et de la raison.

M. Cox a précisé qu'il ne fallait pas enlever les sanctions, comme certaines capitales pourraient le suggérer. « Les sanctions sont un signe de désapprobation », a-t-il expliqué et les lever serait « un désastre ». M. Cox a aussi souhaité une stratégie plus large, à long terme. Il a appelé les occidentaux à avoir une aide macroéconomique envers l'Ukraine. « Si l'Ouest ne vient pas avec un paquet d'aide macroéconomique plus flexible, il y a un risque profond que l'Ukraine soit confrontée à une situation de défaut », a-t-il expliqué. Selon lui, la crise financière en Ukraine est « fortement sous-estimée ».

Le politicien irlandais a souhaité que l'UE reste stricte envers la Russie, qu'elle ne revienne pas sur les sanctions, qu'elle ne regarde pas ailleurs ou ne se dise pas qu'en fin de compte le Donbass est un conflit gelé. L'UE doit aussi utiliser un langage stratégique, a-t-il ajouté.

M. Cox a aussi considéré qu'offrir maintenant à l'Ukraine une perspective d'adhésion à l'UE ou à l'OTAN « n'aiderait pas ». Rappelant que, si l'offre « venait demain sur la table », l'Ukraine ne serait pas membre de l'UE avant une décennie, il a considéré que cela compliquerait la situation géopolitique et que l'on ne pouvait pas savoir comment la Russie réagirait. (CG)

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