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Bulletin Quotidien Europe N° 11200
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INSTITUTIONNEL / (ae) commission

L'équipe Juncker « sereine » face à la motion de censure

Bruxelles, 19/11/2014 (Agence Europe) - La Commission européenne est « sereine » et se prépare tranquillement au débat prévu la semaine prochaine à Strasbourg sur la motion de censure déposée par le groupe Europe Libertés et Démocratie, a indiqué, mercredi 19 novembre, le premier vice-président, Frans Timmermans. Le mode de représentation de la Commission lors de ce débat n'a pas encore été arrêté, a ajouté M. Timmermans, même si le Néerlandais a semblé suggérer que le respect de la logique « et de ce qui a été fait par le passé » implique que ce soit M. Juncker lui-même qui intervienne.

Les élus du groupe Europe Libertés et Démocratie du Britannique Nigel Farage (Ukip) et de l'Italien Beppe Grillo (Mouvement 5 étoiles) sont parvenus à rallier suffisamment de signatures d'élus pour déposer le 18 novembre une motion de censure contre la Commission Juncker. Aidés par 32 non-inscrits, dont les députés du Front national français, le groupe a rallié les 76 signatures requises. La GUE/NGL avait tenté la semaine dernière de lancer une initiative identique, mais n'avait pas réussi à rallier le nombre suffisant de signatures. C'est à 2005 que remonte le dernier dépôt en date d'une motion de censure contre la Commission, rappelle le Parlement européen, et, là encore, la motion avait été initiée par Nigel Farage au sujet de l'acceptation d'un don de plusieurs milliers d'euros d'un richissime homme d'affaires. Depuis 1979, seulement neuf motions ont été présentées par le Parlement européen, ce qui rend l'événement pas tout à fait anodin pour la Commission en place.

Cette année, les europhobes et eurosceptiques du Parlement européen justifient leur action par le scandale LuxLeaks qui a mis Jean-Claude Juncker en difficulté dès les premiers jours de son entrée en fonction en tant que président de la Commission. Selon Marco Zanni, eurodéputé du Mouvement 5 étoiles, ce scandale « montre que M. Juncker a toujours agi pour enrichir son pays au détriment de ses partenaires européens », défiant l'esprit européen, a-t-il affirmé dans un communiqué. Dans leur motion, les eurodéputés signataires déplorent la perte de millions d'euros de recettes fiscales et mettent en avant la responsabilité de M. Juncker en tant qu'ancien Premier ministre du Luxembourg. Les signataires disent encore trouver « intolérable » que M. Juncker puisse être président de la Commission.

Pour passer la rampe du Parlement européen, une motion de censure doit être votée à une majorité des deux tiers des voix exprimées représentant une majorité des membres qui composent le Parlement, explique le PE. Cette motion a très peu de chances d'être votée, mais quelques semaines après le vote d'investiture du collège Juncker, il sera intéressant d'observer le comportement des votants.

Le Parlement européen devait fixer, mercredi 19 novembre dans l'après-midi, le calendrier du vote et du débat qui sont prévus à Strasbourg la semaine prochaine.

Par ailleurs, le groupe GUE/NGL au Parlement européen a indiqué dans un communiqué qu'il ne soutiendrait pas la motion des europhobes et eurosceptiques, même si cette force politique a invité M. Juncker à démissionner. La gauche radicale européenne estime que les membres du groupe ELD et les NI ont beau jeu de dénoncer l'évitement fiscal du Luxembourg, alors qu'ils ne dénoncent pas les « paradis fiscaux au Royaume-Uni ». Le groupe GUE/NGL dénonce aussi le fait que les groupes S&D et Verts/ALE ont refusé de signer son projet de motion de censure visant à forcer M. Juncker à démissionner, les trois groupes s'opposant sur les moyens de s'attaquer aux problèmes soulevés par le LuxLeaks. (SP)

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