Bruxelles, 19/11/2014 (Agence Europe) - Dans une étude publiée lundi 17 novembre, le Conseil nordique des ministres, auquel participent le Danemark, la Finlande, l'Islande, la Norvège et la Suède, met en évidence l'impact des perturbateurs endocriniens chimiques (EDC) sur la santé reproductive masculine et les coûts importants qu'ils représentent pour les budgets de santé.
Intitulée « The Cost of Inaction: Socioeconomic analysis of costs linked to effects of endocrine disrupting substances on male reproductive health », l'étude estime qu'entre 2% et 40% des coûts liés aux traitements administrés aux patients masculins souffrant de dérèglements hormonaux pourraient être économisés annuellement par un meilleur encadrement des perturbateurs endocriniens. Soit un montant compris entre 59 millions et 1,2 milliard d'euros.
Les perturbateurs endocriniens sont des substances chimiques d'origine naturelle ou artificielle étrangères à l'organisme qui peuvent interférer avec le fonctionnement du système endocrinien et induire ainsi des effets délétères pour l'organisme. Les sources d'exposition sont principalement l'eau et l'alimentation, mais aussi l'air et des composés chimiques présents dans certains biocides et pesticides. Après plusieurs retards dans la mise en application d'une législation encadrant les perturbateurs endocriniens (EUROPE 11103), la Commission européenne a ouvert, le 29 septembre, une consultation sur les critères d'identification de ces substances chimiques dans les législations sur les biocides et les pesticides. Cette consultation est largement incomprise par les organisations de santé et environnementales qui estiment qu'il s'agit là d'un nouveau délai qui permettra à l'industrie de bloquer une nouvelle fois le processus législatif en dénonçant les coûts qu'engendrerait une interdiction potentielle de certaines catégories de biocides et pesticides. La consultation est ouverte jusqu'au 16 janvier 2015.
En juin 2014, l'organisation HEAL (Health and Environment Alliance) avait publié un rapport qui soulignait déjà l'impact des perturbateurs endocriniens sur les budgets de santé, estimant que les coûts liés aux traitements pour soigner les maladies liées à une exposition à ces substances s'élevaient, selon ses propres calculs, à 31 milliards d'euros par an. « Ce rapport devrait donner le coup de grâce au lobbying industriel qui tente de ralentir la réglementation sur les perturbateurs endocriniens chimiques. En estimant que ces EDC sont responsables de jusqu'à 40% des coûts, ces gouvernements ont clairement démontré que les dépenses de santé liées à une exposition aux EDC peuvent être très importantes, et c'est pourquoi nous ne devrions pas utiliser ces produits chimiques », a déclaré Lisette van Vliet, expert chez HEAL. (IL)