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Bulletin Quotidien Europe N° 11190
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) climat/Énergie

Avec un accord à 28, M. Van Rompuy tire sa révérence au PE

Bruxelles, 04/11/2014 (Agence Europe) - « On a réussi à trouver un accord. Finir avec un accord à 28 sur le climat, c'est finir en beauté ». C'est par ces mots qu'Hermann Van Rompuy, président permanent sortant du Conseil européen a conclu, mardi 4 novembre à Bruxelles, le dernier débat qu'il a eu au Parlement européen sur les résultats du Conseil européen des 23 et 24 octobre, en matière de climat et d'énergie (EUROPE 11185). La conférence ouverte des présidents de groupe au Parlement européen, qui l'accueillait en présence de Jean-Claude Juncker, le président de la Commission, a permis un ultime échange sur le cadre d'action intégré des politiques du climat et de l'énergie pour la période 2020-2030 et à Martin Schulz, président du Parlement européen, de remercier M. Van Rompuy pour le travail accompli.

« Vous avez assumé une des tâches les plus difficiles au sein de l'UE: rassembler toutes les positions. Faire preuve d'humour, rester calme pour parvenir à des compromis. Merci pour coopération entre nos deux institutions », a déclaré Martin Schulz. Hermann Van Rompy s'est félicité de ce que la date butoir d'octobre ait été respectée pour un accord « fort ambitieux » qui fournira aux acteurs économiques « un cadre sûr pour les investissements la recherche et développement », et laissera une planète plus durable à nos enfants. « Le GIEC, dans son dernier rapport très étayé (du 2 novembre: NDLR) souligne combien il est primordial de réduire les émissions. C'est pourquoi nous voulons une réduction des émissions d'au moins 40% à l'horizon 2030 par rapport à 1990. Cette décision permet d'envoyer un message d'ambition et d'engagement. Certains auraient voulu plus. Ne sous-estimez pas l'importance intrinsèque d'un accord plus d'un an avant la conférence de Paris ». Cette décision sera « une référence pour les négociations internationales», a-t-il affirmé, rappelant que Ban Ki-moon, le secrétaire général des Nations Unies, l'a immédiatement saluée.

Jean Claude Juncker a indiqué avoir « chargé le vice-président de l'Union énergétique de mettre en musique toutes les conséquences qui découlent du Conseil européen ». Et d'ajouter: « J'inviterai Maros Sefcovic pour vous tenir au courant des plans de la Commission. J'ai demandé à Miguel Arias Canete, commissaire au Climat et à l'Énergie, de tout faire pour qu'à la conférence de Paris, en décembre 2015, l'UE soit à même de présenter une position cohérente et conséquente », a-t-il déclaré aux députés.

Pour Manfred Weber, président du groupe PPE (Allemand) « L'UE s'est dotée d'objectifs très ambitieux. J'espère que ce signal sera entendu au plan mondial », a -t-il dit en formulant l'espoir d'un accord contraignant à Paris. « Une réduction de 40% des émissions, c'est important. Il ne faut pas minimiser. Entre 1990 nous avons réalisé autant d'économies d'énergie que nous comptons en faire dans les dix prochaines années », a-t-il précisé. Il a souligné que le PPE est adepte de réalisme, car « les politiques du climat et de l'énergie sont liées au prix de l'énergie ».

Au nom du groupe S&D, Gianni Pittella (Italien), juge, lui, que le compromis trouvé est « le minimum syndical » et que manquer le rendez-vous Paris n'est pas une option. « Des objectifs contraignants sont indispensables, sinon il sera impossible de maintenir le réchauffement en dessous de 2° Celsius et il y aura une nouvelle guerre pour l'eau, la diminution des ressources naturelles, de nombreuses personnes contraintes de s'expatrier, et de nombreuses personnes qui sombreront dans pauvreté », a-t-il averti. Syed Kamall (Britannique), président du groupe ECR, s'est félicité de l'objectif de réduction des émissions d'au moins 40% et s'est tout autant réjoui du fait que cet objectif ne soit pas traduit en objectifs nationaux, ce qui, selon lui, aurait risqué de nuire à la compétitivité. « Nous avons besoin d'un accord contraignant à Paris. Un accord non contraignant n'aurait aucun sens, comme ça n'aurait aucun sens si nous faisons preuve d'ambition et que les autres ne nous suivent pas », a-t-il dit. Au nom du groupe ADLE , Guy Verhofstadt (Belge) a déploré qu'il y ait eu « peu d'articles dans la presse sur le changement climatique. On a plus parlé de Cameron, dont la stratégie est de créer une crise à chaque sommet européen, voire chaque semaine. Une très mauvaise stratégie ».

Pour Patrick Le Hyaric(Français), président de la GUE, le 5ème rapport du GIEC, est un « cri d'alarme », un rapport inquiétant sur les impacts graves et irréversibles du changement climatique « qu'on ne peut ignorer ». Les résultats du Conseil européen ne peuvent donc être « qu'un point de départ ». Selon lui, le principe de concurrence dans certains secteurs, comme les transports (transport routier au détriment du rail, par exemple), « le productivisme exacerbé dans l'agriculture et le court-termisme de la productivité vont à l'encontre du climat». Il convient de « raisonner autrement », de ne pas favoriser le gaz de schiste et les sables bitumineux, de soutenir un grand plan d'infrastructures avec le service public, d'aider les pays en développement et de se rapprocher d'un objectif de réduction des émissions de 70% d'ici à 2050 « pour maintenir le réchauffement sous la barre fatidique des 2 degrés ». Au nom du groupe des Verts/ALE, Philippe Lamberts (Belge) a estimé qu'une réduction des émissions d'au moins 40% c'est bien en-deçà de ce qu'il faut faire et que les objectifs pour les renouvelables et l'efficacité énergétique ne seront pas atteints faute d'être contraignants. « C'est une erreur économique et stratégique ». L'eurodéputé a en outre déploré que le Conseil européen s'autorise à revisiter le dossier dans tous ses détails à l'unanimité. « Ce n'est pas la procédure prévue par les Traités. C'est un coup de force institutionnel », a-t-il lancé. M. Borghezio (non inscrit, Italien) a estimé qu' « on ne peut pas poursuivre la mauvaise politique d'aide d'État » pour les énergies alternatives comme le photovoltaïque, par exemple « Il faudrait la défiscalisation et des mesures incitatives pour les énergies renouvelables sûres ». (AN)

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