Bruxelles, 04/11/2014 (Agence Europe) - Étant donné que seule « une fraction » du régime d'aide de l'UE a été utilisée pour aider les producteurs européens de fruits et légumes touchés par l'embargo russe, le Copa-Cogeca a demandé, vendredi 31 octobre, dans un communiqué, l'introduction d'un nouveau régime en 2015. Les organisations agricoles prônent aussi des fonds supplémentaires pour tous les secteurs concernés.
Le Copa-Cogeca s'est montré déçu par la suspension « précoce », décidée par la Commission européenne, du premier régime d'aide destiné à soulager les producteurs européens de fruits et légumes touchés par l'embargo russe sur les produits agricoles de l'UE. Le Copa-Cogeca demande d'utiliser les crédits non utilisés (plus de 85 millions d'euros) pour créer en janvier 2015 « un nouveau régime visant à prévenir un effondrement complet du marché, alors que la saison sera à son apogée et que les volumes de production seront plus élevés ».
Les discussions au comité de gestion ont montré que moins de 40 millions d'euros seront dépensés pour le retrait de produits du marché à des fins de distribution gratuite, pour des utilisations non-alimentaires ou encore pour la récolte en vert. Au départ, la Commission avait tablé sur 125 millions d'euros. Il convient de rappeler que la Commission a mis en place un nouveau régime d'aide (165 millions d'euros) pour les fruits et légumes périssables.
Secteur porcin. En temps normal, la Russie absorbe 24% de la valeur totale des exportations européennes de viande porcine. Or, le secteur souffre depuis des mois de l'embargo. Il est nécessaire, selon le Copa-Cogeca, de prendre des mesures pour améliorer la situation, notamment pour certains produits spécifiques comme la graisse et les sous-produits. Des campagnes de promotion de la viande porcine doivent également être mises sur pied afin de soutenir de nouveaux débouchés pour ces produits, estiment les organisations agricoles.
Viande bovine. Les exportations européennes de viande bovine vers la Russie débutant normalement en novembre, « une aide sera aussi requise pour trouver de nouveaux débouchés pour ce produit, par exemple en Turquie, pour faire face aux obstacles non tarifaires au commerce et pour garantir que la viande bovine européenne puisse de nouveau entrer sur le marché des États-Unis après la levée de l'interdiction », préconisent les organisations agricoles de l'UE.
Lait. Dans le secteur du lait et des produits laitiers, les acheteurs reportent leurs décisions d'achat aussi longtemps que possible, à cause de l'instabilité du marché européen. Le Copa-Cogeca est aussi « très déçu » du fait que la Commission européenne ait décidé, fin septembre, de suspendre l'aide temporaire au stockage privé pour le fromage. « Cette mesure devrait encore être disponible pour les pays durement touchés par l'embargo », selon le Copa-Cogeca. Face à la gravité de la situation, les États membres « devront pouvoir bénéficier de flexibilité pour collecter le superprélèvement (amende en cas de dépassement des quotas laitiers) auprès des agriculteurs touchés par la crise », préconise encore le Copa-Cogeca. Enfin, le faible prix de référence pour le lait risque d'entraîner une chute des prix européens du lait bien en dessous des coûts de production. Il convient dès lors, selon le Copa-Cogeca, « d'actualiser le prix d'intervention pour le lait » afin de tenir compte de la hausse des coûts de production.
Lettre à la Commission. Dans un courrier adressé Jean-Claude Juncker, nouveau président de la Commission européenne, le Copa-Cogeca réclame «une aide supplémentaire non issue du budget de la PAC pour financer des mesures ciblées, étant donné que le conflit est de nature politique et que les agriculteurs et les coopératives agricoles n'en sont aucunement responsables ». Pour le Copa-Cogeca, il est « indispensable » d'allouer des ressources suffisantes dans le budget 2015 de l'UE au financement de cette crise sans précédent qui touche très durement le secteur agricole européen. (LC)