Bruxelles, 04/11/2014 (Agence Europe) - Le chef du Conseil national de sécurité du Kurdistan irakien, Masrour Barzani, a appelé, mardi 4 novembre, la communauté internationale, dont l'UE, à apporter davantage d'aides militaire, financière et politique aux Kurdes, qui luttent contre l'organisation de l'État islamique.
« Nous pensons que le leadership de l'UE sera crucial », a-t-il expliqué devant la commission des affaires étrangères du Parlement européen. Tout en saluant le soutien militaire des États-Unis et de pays européens, M. Barzani a demande que « davantage soit fait ». « Ce sont les forces au sol qui vont faire la différence. Les frappes aériennes sont utiles, mais elles ne permettront pas d'aboutir à la fin des hostilités. Il y a un besoin pressant de forces au sol pour qu'aucun centimètre carré ne soit utilisé par l'État islamique pour se réorganiser, recruter ou se sentir en sécurité », a souligné M. Barzani.
Le chef du Conseil national de sécurité du Kurdistan irakien a appelé à une coopération. « Vous devez montrer au sein de l'UE que vous êtes des acteurs qui veulent agir. Il est nécessaire que le monde libre soit derrière nous, qu'il apporte véritablement un soutien à nos peshmergas. L'UE doit travailler main dans main avec la région du Kurdistan pour avoir une stratégie contre ces terroristes et pour que vous n'ayez pas à les affronter dans vos capitales », a-t-il souligné.
Regrettant le manque de soutien militaire, M. Barzani a demandé la fourniture d'armes lourdes et de la formation qui va avec. « Quand nous demandons de l'artillerie lourde, des véhicules armés, pour donner de la puissance de feu, des hélicoptères pour évacuer les blessés, nous parlons de tout cet armement nécessaire pour défaire l'ennemi », a-t-il précisé. « On ne peut pas lutter contre des combattants, armés, avec de l'artillerie lourde, uniquement avec des petites mitraillettes », a-t-il résumé. Selon lui, il y aurait entre 40 et 50 000 combattants kurdes contre plus de 40 000 pour l'organisation de l'État islamique: 18 000 en Irak et 22 000 en Syrie, mais leur nombre augmenterait encore.
M. Barzani a aussi demandé que les flux financiers de l'EI ou les donations soient asséchés. Il a estimé que l'EI gagnait entre 3 et 6 millions de dollars par jour en vendant du pétrole au marché noir. Il a aussi appelé à lutter contre les combattants étrangers. « Il faut faire pression pour que personne ne puisse sortir (de leur pays) (…) il faut arrêter les personnes qui viennent gonfler le rang de l'État islamique », a lancé M. Barzani.
Le chef du Conseil national de sécurité du Kurdistan irakien a aussi demandé qu'un plus grand soutien financier soit apporté par la communauté internationale pour faire face aux 1,5 million de réfugiés et de déplacés. « Nous ne pouvons pas gérer toutes ces personnes. Nous n'avons pas de soutien financier pour cela du gouvernement irakien », a-t-il expliqué, espérant pouvoir compter sur « un soutien beaucoup plus généreux ».
M. Barzani a souhaité un soutien politique pour un gouvernement inclusif en Irak. « L'EI est le résultat d'un problème politique plus vaste », a-t-il rappelé. Selon lui, le fait que le gouvernement irakien n'était pas inclusif et que l'armée soit corrompue a poussé des gens à soutenir ceux qui voulaient frapper Bagdad. « Le système politique doit être réparé », sinon les problèmes similaires perdureront.
Par ailleurs, l'eurodéputé Charles Tannock (CRE, britannique) a annoncé, mardi 4 novembre, le lancement d'un intergroupe 'European Friends of Kurdistan' au Parlement européen. (CG)