Bruxelles, 04/11/2014 (Agence Europe) - Une nouvelle configuration mais des défis tout aussi lourds. Articulée autour de sept vice-présidents, la nouvelle Commission dirigée par Jean-Claude Juncker, entrée en fonction le 1er novembre, a entamé concrètement ses activités lundi 3 novembre avec une première promesse faite par l'entourage du Luxembourgeois de re-politiser la Commission et de moderniser tant le fonctionnement du collège que la relation avec les médias.
Le porte-parole de M. Juncker, Margaritis Schinas, a suggéré le 3 novembre que le président de la Commission lui-même ou bien son bras droit, le Néerlandais Frans Timmermans, puissent évoquer directement avec les médias les dossiers mis à l'agenda hebdomadaire du collège. Les commissaires seront invités à porter sur le terrain leurs dossiers ou les débats menés par leurs collègues.
Le 22 octobre dernier à Strasbourg, lors du vote sur son collège, Jean-Claude Juncker avait indiqué que sa Commission était « celle de la dernière chance » et que le risque était grand, sans réformes, de creuser encore davantage l'écart entre l'UE et les citoyens. Une crainte qu'il a reformulée lundi 3 novembre à Francfort lors d'une rencontre avec l'ex chancelier allemand Helmut Kohl. Parmi ses priorités, l'emploi et la croissance figurent en pôle position, avec notamment le lancement de son projet phare sur les investissements.
Invité mardi 4 novembre par le PE à s'exprimer sur ces priorités et sur le dernier Conseil européen, M. Juncker a expliqué que ce plan, encore en préparation, concernera surtout le secteur privé, l'heure n'étant absolument pas « à l'augmentation des déficits et de la dette publique ». La réforme du fonctionnement de l'UE et la réduction de la bureaucratie font également partie des projets. Mais l'ex-patron de l'Eurogroupe a rejeté la caricature de la Commission dressée par certains. Revenant sur la polémique budgétaire du dernier Sommet (voir autre nouvelle), il a refusé que l'on parle « d'un hold-up des eurocrates ». « Je n'accepte pas les critiques superficielles adressées à la Commission », a dit M. Juncker, déplorant la façon « déformée » dont sont parfois rapportés les faits. Le président faisait allusion aux dirigeants britannique et italien. Par rapport à M. Cameron, le Luxembourgeois a reconnu que le problème (les factures supplémentaires au budget de l'UE à payer d'ici au 1er décembre) était « d'une dimension tout à fait différente des autres années ». Et « nous réfléchissons à trouver une solution, pas seulement pour le Royaume-Uni mais pour tous les Etats membres concernés », a ajouté M. Juncker. Parmi les grands défis à relever, figurent également la politique européenne en matière de lutte contre le réchauffement climatique, la politique énergétique de l'union ainsi que la politique migratoire, un nouveau naufrage au large de la Turquie ayant d'ailleurs marqué le premier jour en fonction du commissaire Dimitris Avramopoulos (voir autre nouvelle). (SP)