Luxembourg, 20/10/2014 (Agence Europe) - Les ministres des Affaires étrangères des pays de l'UE ont demandé, lundi 20 octobre, à la Haute Représentante de l'UE d'élaborer une stratégie régionale globale de l'UE pour la Syrie et l'Irak et sur la menace de l'État islamique (EI).
Les ministres soulignent dans des conclusions que la situation dans la ville syrienne de Kobané et dans « d'autres régions assiégées et victimes de violents combats » contre l'organisation de l'État islamique était « un sujet de grave préoccupation ». Appréciant les efforts déployés par la Turquie pour accueillir les réfugiés de Kobané, ils appellent le pays à ouvrir sa frontière pour « n'importe quelle fourniture » à destination de la population de la ville. Le même jour, le ministre turc des Affaires étrangères, Mevul Cavusoglu, a annoncé que son pays aidait les forces des peshmergas kurdes à rejoindre, via son territoire, Kobané. La Turquie refuse de livrer des armes aux combattants.
Dans leurs conclusions, les ministres européens précisent que l'UE ne s'allierait pas avec Bachar el- Assad car « en conséquence de ses politiques et actions, le régime d'Assad ne peut pas être un partenaire dans la lutte » contre l'EI. Ils expliquent que l'action militaire est « nécessaire mais pas suffisante » pour vaincre l'EI et qu'elle fait partie « d'un effort plus large comprenant des mesures dans les domaines diplomatique et politique, de lutte contre le terrorisme et le financement du terrorisme, dans les domaines humanitaire et de la communication ». Le Conseil rappelle que l'UE est déterminée à prendre des mesures immédiates et à long terme pour empêcher que l'EI bénéficie de ses sources de financement et d'approvisionnement et pour renforcer sa lutte contre le terrorisme et la coopération en matière de sécurité avec les pays voisins de la Syrie et de l'Irak.
« Une transition politique dirigée par les Syriens et une gouvernance politique inclusive en Irak sont essentielles pour une paix durable et la stabilité dans la région », souligne le Conseil. Saluant la formation d'un nouveau gouvernement irakien le 8 septembre et la nomination des postes clés des ministres de la Défense et de l'Intérieur, le Conseil a souligné que la solution à la crise en Irak ne pouvait être « que politique ». « L'UE invite instamment toutes les composantes de la société irakienne à s'unir dans la lutte contre l'EI et à soutenir un processus de réconciliation nationale », concluent les ministres. (CG)