login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 11180
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / (ae) Économie

Investissements, des propositions franco-allemandes début décembre

Bruxelles, 20/10/2014 (Agence Europe) - L'Allemagne et la France ont annoncé, lundi 20 octobre, à l'issue d'une réunion conjointe entre leurs ministres des Finances et de l'Économie, qu'elles présenteraient, le 1er décembre, des propositions concrètes pour relancer l'investissement chez elles et en Europe.

Le ministre français de l'Économie, Emmanuel Macron, a évoqué « plusieurs strates d'initiatives » par le biais desquelles des idées seront avancées « pour l'Allemagne, pour la France, peut-être des idées de projets communs et pour l'échelon européen ».

Avant que cette liste de projets ne soit dévoilée, début décembre, lors d'un Conseil économique franco-allemand, le sommet de l'eurozone du 24 octobre aura fait le point de la situation économique difficile et insisté sur l'importance de stimuler les investissements, dont le niveau actuel est inférieur d'au moins 15% à celui d'avant la crise. Mi-novembre, un comité d'experts franco-allemand aura rendu sa position sur ce dossier, de même qu'un groupe conjoint impliquant la BEI et la Commission européenne. Celle-ci aura entamé ses travaux sur le plan d'investissements de 300 milliards d'euros que son président élu, Jean-Claude Juncker, a promis de présenter dans les trois mois suivant son investiture attendue, début novembre.

Côté allemand, on ne nie pas l'importance de l'investissement. Le ministre social-démocrate de l'Économie, Sigmar Gabriel, a admis que l'Allemagne devait faire passer de 17% à 20% son niveau d'investissement, soit une enveloppe de 50 milliards d'euros, comme le recommande l'OCDE. L'essentiel est de stimuler « les investissements privés », a-t-il souligné, citant des actions possibles dans les secteurs de l'énergie et de l'économie numérique, afin de favoriser « la ré-industrialisation » de l'Europe. Nous devons renforcer les investissements dans le cadre de notre politique budgétaire, a insisté son homologue aux Finances, Wolfgang Schäuble. L'Allemagne refuse de remettre en cause l'équilibre budgétaire atteint en 2013.

L'Allemagne et la France ont constaté que la situation économique en Europe était moins bonne qu'espéré avant l'été. « Nos croissances se sont anémiées », a indiqué M. Macron. Pour M. Schäuble, l'Europe traverse une situation économique qui s'est « affaiblie de façon différenciée, mais aussi en Allemagne », la première économie de l'Eurozone ayant rabaissé de 1,8% à 1,2% du PIB ses prévisions de croissance pour 2014.

Pas de remise en cause du Pacte de stabilité et de croissance. Dans ce contexte, toute décision d'investissement propice à la croissance ou de réforme de structure sera bénéfique au pays qui la décide souverainement et renforcera la confiance sur le plan intérieur et dans la zone euro, ont estimé les ministres.

Néanmoins, ce processus de renforcement de la compétitivité ne sera en aucun cas facilité par une révision des règles budgétaires du Pacte de stabilité et de croissance. « Le gouvernement français ne demande aucune modification des règles », a réitéré le ministre français des Finances, Michel Sapin, pour qui les règles « intelligentes » du Pacte doivent être appliquées en tenant du contexte économique difficile. Il a rappelé que le gouvernement socialiste du Manuel Valls prévoyait des économies « considérables » de 21 milliards d'euros en 2015, l'objectif étant de couper dans les dépenses à hauteur de 50 milliards d'euros d'ici à 2017. « Il ne faut pas modifier les règles, mais mieux utiliser les souplesses du Pacte. Personne n'a souhaité aujourd'hui modifié les règles », a considéré M. Gabriel.

La Commission européenne est en train d'éplucher le projet de budget français pour 2015 qui prévoit un effort structurel inférieur aux recommandations européennes et un retour du déficit public sous la barre des 3% du PIB, non plus en 2015, mais en 2017 (EUROPE 11170). Elle pourrait, avant fin octobre, demander à la France de revoir sa copie, cet avis n'étant cependant pas contraignant. (MB)

 

Sommaire

AU-DELÀ DE L'INFORMATION
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
ACTION EXTÉRIEURE
INSTITUTIONNEL
POLITIQUES SECTORIELLES
ÉDUCATION - CULTURE
SUPPLÉMENT HEBDOMADAIRE