Bruxelles, 20/10/2014 (Agence Europe) - Tirant le bilan de 10 années passées à la tête de la Commission européenne, José Manuel Durão Barroso est convaincu que l'Union européenne élargie est sortie plus forte des crises financière et budgétaire qui ont émaillé son mandat.
« L'Europe est aujourd'hui plus forte qu'elle ne l'était il y a 10 ans », a déclaré le président de la Commission, dimanche 19 octobre lors d'un discours prononcé à Chatham House à Londres. Selon lui, l'Europe a démontré une forte « résilience » pendant les crises parce que les États membres sont restés unis pour affronter les défis de la mondialisation des échanges. « Mon expérience est que les pays ayant recours à l'effet de levier européen pour déployer leurs intérêts ont plus de poids au niveau international. Ceux qui y sont réticents ratent une opportunité pour maximiser leur influence », a ajouté le dirigeant politique portugais.
Il a cité plusieurs dossiers où le Royaume-Uni est en mesure d'entraîner les États membres dans son sillage en faisant valoir sa position au niveau européen: - la réduction de 40% des émissions de gaz à effet de serre (décision espérée lors du sommet européen des 23 et 24 octobre) (EUROPE 11179) ; - le traitement du phénomène des combattants européens partis en guerre en Syrie et en Irak ; - le dossier ukrainien où le Royaume-Uni soutient une réponse ferme de l'UE vis-à-vis de la Russie.
Référendum britannique. M. Barroso est formel: l'avenir du Royaume-Uni passe inévitablement par l'Union européenne. Il s'est appuyé sur les opinions du patronat britannique et des employés britanniques de la City majoritairement favorables au maintien du pays dans l'UE, le gouvernement de M. Cameron lui-même estimant que « 3 millions » d'emplois britanniques sont liés à l'appartenance au marché unique.
« La grande question que les Britanniques doivent donc se poser est la suivante: êtes-vous certains que votre situation sera meilleure en dehors que dedans ? », interroge M. Barroso.
Sans nier que chaque État membre a des difficultés avec certains dossiers comme celui de la libre circulation des travailleurs d'Europe centrale et orientale pour le Royaume-Uni, le président sortant de la Commission a invité les autorités britanniques à s'inspirer sans tarder de l'expérience du référendum écossais à travers lequel les partis politiques conservateur, travailliste et libéral n'ont pas ménagé leurs efforts pour défendre l'unité du pays en utilisant un langage positif. Même si les deux enjeux diffèrent du point de vue émotionnel, « de nombreux arguments rationnels utilisés par les trois partis politiques principaux dans le débat sur l'Écosse sont aussi pertinents en matière d'appartenance du Royaume-Uni à l'UE ». (MB)