Bruxelles, 20/10/2014 (Agence Europe) - Les montants des droits d'inscription, des bourses et des prêts pour les étudiants continuent à présenter de fortes disparités dans l'ensemble de l'Europe (les 28 États membres plus l'Islande, le Liechtenstein, la Norvège, le Monténégro et la Turquie), selon le dernier rapport du réseau Eurydice, a annoncé la Commission européenne vendredi 17 octobre.
Le rapport, qui couvre 33 pays européens, révèle que les systèmes de droits d'inscription sont restés relativement stables sur l'ensemble du continent, malgré quelques exceptions notables. « Lorsque les États membres décident d'introduire des droits d'inscription, ils devraient toujours prévoir des mesures, y compris des bourses, pour garantir à tous un accès égal à l'enseignement supérieur, en particulier aux étudiants issus de milieux défavorisés », a déclaré la commissaire en charge de l'Éducation, Androulla Vassiliou.
Fortes variations dans l'imposition de droits d'inscription. Le rapport, intitulé « National student fee and support systems in European higher education EUROPE 2014/2015 », montre qu'un grand nombre de pays (Chypre, Danemark, Allemagne, Grèce, Malte, Finlande, Suède, Royaume-Uni (Écosse), Norvège et Turquie) n'impose pas de droits d'inscription. L'Allemagne, en particulier, est le seul pays à avoir supprimé récemment les droits d'inscription, en dépit du fait qu'elle ne les avait introduits qu'en 2007. À l'opposé, tous les étudiants suivant un cycle 'bachelier' paient des droits dans neuf pays (République tchèque, Pays-Bas, Portugal, Slovaquie, Royaume-Uni (Angleterre, Pays de Galles et Irlande du Nord), Islande et Lichtenstein). L'Estonie a profondément modifié son système de financement en 2014, en liant les droits d'inscription aux résultats obtenus par les étudiants: seuls ceux qui accumulent du retard dans leur cursus (qui n'obtiennent pas le nombre de crédits requis chaque année) doivent acquitter des droits. Des droits d'inscription sont également appliqués en cas de mauvais résultats dans d'autres pays, notamment en République tchèque, en Espagne, en Croatie, en Hongrie, en Autriche, en Pologne et en Slovaquie.
Le Royaume-Uni, champion dans les droits d'inscription élevés. C'est au Royaume-Uni (Angleterre) que les droits d'inscription sont les plus élevés en Europe, à la suite d'une profonde réorganisation du système d'enseignement supérieur en 2012. Ces droits ne sont pas payés immédiatement, mais seulement après l'obtention du diplôme, lorsque les revenus des diplômés dépassent un seuil déterminé. Un modèle unique en Europe. Par ailleurs, les étudiants paient à l'avance des droits relativement élevés en Irlande, en Italie, en Lettonie, en Lituanie, en Hongrie, aux Pays-Bas et en Slovénie.
Peu d'élus pour l'obtention d'une bourse. Dans la plupart des pays européens, seule une minorité d'étudiants bénéficie d'une bourse, indique encore le rapport. Dans neuf pays, tous les étudiants (Chypre, Danemark, Malte, Finlande) ou une majorité d'entre eux (Luxembourg, Pays-Bas, Royaume-Uni (Ecosse), Suède, Norvège) reçoivent des bourses publiques, même si l'introduction d'un tel système est actuellement à l'examen. Dans 35 systèmes d'enseignement (plusieurs pays disposant de plus d'un système, comme en Belgique et au Royaume-Uni), des bourses sont octroyées sur la base des besoins financiers à tous les étudiants ou à certains d'entre eux. C'est le cas au Danemark, en Finlande et en Suède des pays qui accordent des bourses universelles aux étudiants à temps plein, pour autant que ces derniers obtiennent des résultats conformes aux exigences de base. Vingt-trois systèmes offrent des bourses fondées sur le mérite, sur la base d'une évaluation des performances universitaires. La quasi-totalité de ces systèmes combinent des bourses fondées à la fois sur les besoins financiers et sur le mérite. Enfin, dans environ la moitié des pays, certains éléments de l'aide dépendent de la situation familiale générale et ne sont pas versés directement aux étudiants. Ils prennent la forme d'avantages fiscaux en faveur des parents ou d'allocations familiales. (IL)