Luxembourg, 23/06/2014 (Agence Europe) - Extrêmement préoccupés par le coup d'État militaire en Thaïlande, les ministres des Affaires étrangères de l'UE ont décidé, lundi23 juin, de réduire sa coopération avec le pays. « L'UE est obligée de reconsidérer son engagement », à la vue des événements, ont annoncé les ministres dans leurs conclusions. Ainsi, les visites officielles à destination et en provenance de la Thaïlande ont été suspendues. L'UE et ses États membres ne signeront pas l'accord de partenariat et de coopération avec le pays, « jusqu'à ce qu'un gouvernement démocratiquement élu soit en place », ont précisé les ministres. Cet accord est négocié depuis 2006. Certains États membres de l'UE ont déjà commencé à revoir leur coopération militaire avec Bangkok et d'autres accords, le cas échéant, seront affectés. « Seule une feuille de route précoce et crédible pour un retour à l'ordre constitutionnel et à la tenue d'élections crédibles et inclusives permettra le soutien continu de l'UE », ont prévenu les ministres, soulignant qu'ils pourraient envisager d'autres mesures « en fonction des circonstances ».
Les ministres ont appelé les dirigeants militaires « à restaurer, comme une question d'urgence, le processus démocratique légitime et la Constitution, à travers des élections crédibles et inclusives ». Ils ont exhorté les autorités militaires à libérer tous les détenus politiques, à s'abstenir de toute nouvelle arrestation pour des raisons politiques et à la suppression de la censure. Le Conseil a aussi appelé « toutes les parties » à la plus grande retenue et au respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Les chefs de la diplomatie ont souligné que l'annonce du leadership militaire de ne pas organiser d'élections d'ici un an pour faire des réformes et rédiger une nouvelle Constitution était « loin de la feuille de route crédible pour un retour à l'ordre constitutionnel que la situation exige ». (CG)