Bruxelles, 23/06/2014 (Agence Europe) - Le président de la Commission européenne, José Manuel Durão Barroso, a douté de la candidature du Premier ministre danois, Mme Helle Thorning-Schmidt, à la présidence du Conseil européen.
« Mme Thorning-Schmidt est un très bon Premier ministre danois. Des discussions que je viens d'avoir avec elle, j'ai eu l'impression qu'elle voulait demeurer un très bon Premier ministre danois », a-t-il noté, dimanche 22 juin. Il a salué la sortie du Danemark de la procédure pour déficit excessif.
Le nom de la sociale-démocrate danoise est régulièrement cité dans la presse pour succéder au Belge Herman Van Rompuy. Le fait qu'un pays hors zone euro accède à cette fonction pourrait aider le Premier ministre britannique, David Cameron, à avaler la pilule que représente la nomination du Luxembourgeois chrétien-démocrate Jean-Claude Juncker à la présidence de la Commission européenne. La semaine dernière lors d'un déplacement à Copenhague, la chancelière allemande, Angela Merkel, avait indiqué que la présidence du Conseil européen ne devait pas forcément revenir à une personnalité d'un pays issu de la zone euro, avant de préciser que cette remarque ne s'adressait pas à Mme Thorning-Schmidt, qui, elle-même, ne fait rien pour démentir les rumeurs courant sur son avenir.
Côté sociaux-démocrates, d'autres noms sont évoqués pour la présidence du Conseil européen, comme celui de l'ancien Premier ministre italien, Enrico Letta. La présence de Mario Draghi à la tête de la BCE représenterait néanmoins un frein à cette candidature.
Ne pouvant s'empêcher de sourire face aux charges répétées de la presse danoise, le chef du gouvernement danois s'est focalisé sur le contenu des politiques européennes à mener. Durant les semaines à venir, « il est bien plus important de se focaliser sur (…) ce que l'UE devrait faire dans les 5 prochaines années, plutôt que sur qui devrait faire cela », a considéré Mme Thorning-Schmidt. L'intérêt du Danemark est de faire en sorte de préserver « l'intégrité » de l'UE, même s'il est compréhensible que les pays de la zone euro doivent travailler ensemble et de faire respecter le principe de « subsidiarité », Copenhague n'étant pas hostile à limiter l'intervention de l'UE dans des domaines où l'action publique est plus efficace au niveau national.
De retour du sommet parisien des sociaux-démocrates (voir autre nouvelle), Mme Thorning-Schmidt a également souligné l'importance de placer « la croissance et l'emploi » au coeur des priorités politiques. Néanmoins, personne parmi les sociaux-démocrates - « et c'est aussi ma position » - ne demande une révision du Pacte de stabilité et de croissance, mais d'utiliser toute la « flexibilité » qu'il contient, a-t-elle ajouté, estimant que le contexte de lente sortie de crise en Europe n'était pas propice à un changement de règles.
Quant à la présidence de la Commission dès cette semaine, Mme Thorning-Schmidt a jugé probable l'hypothèse de la nomination, dès cette semaine par les Vingt-huit, d'une personnalité qui rassemble « une large majorité des États membres et du Parlement européen ». Sans nommer explicitement M. Juncker. (MB)