Bruxelles 23/06/2014 (Agence Europe) - Plusieurs associations de défense des droits humains (Réseau euro-méditerranéen des droits de l'homme, Amnesty international, Fédération internationale des droits de l'homme et Human Rights Watch) ont adressé, vendredi 20 juin, une lettre de mise en garde à la Haute représentante pour les Affaires étrangères au sujet des relations avec l'Algérie.
Ces associations croient savoir que la session de négociations, annoncée pour le 24 juin à Alger, pourrait finaliser la mise au point d'un « plan d'action » au titre de l'accord d'association et dans le cadre de la « politique de voisinage ». Elles souhaitent que la question des droits de l'homme et l'obligation de leur respect y figure en bonne place. Leur crainte est que l'UE, plus nettement intéressée par la coopération avec l'Algérie, dans un contexte économique et énergétique tendu et de « restrictions grandissantes » des libertés, ne passe sous silence la conditionnalité politique accompagnant généralement les « plans d'action ».
Les quatre associations appellent dans leur lettre Mme Ashton à « donner la priorité au respect des droits humains, y compris l'égalité hommes-femmes, et à demander aux autorités algériennes d'adopter des mesures tangibles dans ce domaine ». Elles y détaillent l'ensemble des mesures et actions qu'elles souhaitent consigner dans les textes en négociation.
Leur insistance serait due au fait que, « en dépit de nombreuses promesses de réforme depuis 2011, le bilan en matière de droits humains en Algérie reste négatif. Les libertés d'association, de réunion et de manifestation ont été drastiquement restreintes et les militants associatifs comme syndicaux font l'objet de poursuites judiciaires arbitraires ». En outre, l'Algérie « ne dispose pas de loi pénalisant de manière adéquate les violences faites aux femmes et les discriminations à l'égard des femmes demeurent ancrées en droit et en fait ». Elles assurent par ailleurs que « la coopération de l'Algérie avec des experts et mécanismes des Nations unies, mais également les ONG internationales de défense des droits humains, reste très limitée, voire inexistante, en dépit des demandes répétées de ces acteurs de pouvoir se rendre en Algérie ». (FB)