Bruxelles, 23/06/2014 (Agence Europe) - Le président du groupe PPE au Parlement européen, l'Allemand Manfred Weber, devrait entamer, mardi 24 juin, en milieu de journée, les négociations avec le S&D et son chef, Martin Schulz, en vue de forger la majorité qui soutiendra (en théorie) à Strasbourg, à la mi-juillet, le candidat du PPE à la présidence de la Commission européenne, en l'occurrence Jean-Claude Juncker, si ce choix était confirmé en fin de semaine par les chefs d'État et de gouvernement.
L'idée est aussi de sceller un accord sur le programme législatif qui devra être mis en oeuvre. Les discussions en vue de former cette 'grande coalition' porteront notamment sur les efforts de réforme pour la future Commission. « Au cours des cinq prochaines années, l'Union européenne doit construire le cadre adapté pour promouvoir la croissance et l'emploi », a expliqué Manfred Weber.
« La première leçon à tirer des résultats des élections européennes, c'est que l'Europe doit changer. Le groupe PPE s'engage fermement en faveur d'un programme de réformes pour l'avenir de l'Europe », a poursuivi l'Allemand. Manfred Weber a en tout cas déjà indiqué une 'ligne rouge': le groupe PPE « souhaite apporter une solution durable à la crise » et « cette solution ne peut être fondée sur des politiques du passé. Nous n'accepterons pas de modifier le pacte de stabilité et de croissance ».
Partage de la présidence du PE au coeur des discussions. Autre objectif de ces négociations: engranger avec le S&D un accord sur le partage de la présidence du Parlement européen, le PPE souhaitant reconduire la répartition entre les deux familles ; les socialistes et démocrates devraient d'ailleurs hériter de la première moitié, selon les règles tacites. Le président sortant de l'institution, le socialiste allemand Martin Schulz, a déjà fait l'objet d'un accord à Berlin entre SPD et CDU sur sa reconduction au Parlement européen, mais « les discussions ne se font pas forcément sur tel ou tel nom ; aucun nom n'est imposé, c'est vraiment une question interne aux groupes», tient à indiquer le PPE.
Ces négociations, qui débutent mardi midi et dont la durée dépendra du niveau de satisfaction mutuel, visent à donner au candidat à la présidence de la Commission européenne le plus large soutien possible, la majorité absolue (376 + 1) étant requise. Mais avec des voix dissonantes qui se sont déjà faites entendre, comme celles de la socialiste française Pervenche Bérès, qui a émis des réserves très claires à son soutien à Jean-Claude Juncker, « il faudra bien ouvrir ensuite le jeu aux autres groupes du PE », dit encore une source, histoire de s'assurer que le candidat du PPE puisse bien remporter le vote. Toujours, naturellement, dans l'hypothèse où M. Juncker serait adoubé par ses pairs vendredi 27 juin. (SP)