Bruxelles, 23/06/2014 (Agence Europe) - Alors que Genève accueille, cette semaine, le septième round de négociations pour un accord international sur le commerce des services (TiSA), le groupe des Verts/ALE au Parlement européen s'alarme de l'opacité des pourparlers et des risques pour les services publics.
Au lendemain de la mise en ligne par Wikileaks des textes des négociations plurilatérales en cours pour un accord international sur les échanges de services, l'écologiste allemande Ska Keller, chef de file du groupe Verts/ALE au Parlement, a dénoncé, vendredi 20 juin, le manque de transparence qui entoure les pourparlers et les menaces que fait peser une libéralisation accrue des services pour les services publics. « Ces fuites accroissent les préoccupations sur les implications potentielles de grande portée de ces pourparlers opaques. Il est inquiétant de constater qu'en coulisses, on presse pour libéraliser le secteur des services financiers. Cela montrerait qu'aucune leçon n'a été tirée de la crise financière. Et c'est un affront aux efforts internationaux en cours, comme au G20, pour mettre le secteur de la finance sous contrôle », a réagi Mme Keller. « La direction que prennent ces négociations est préoccupante, notamment l'objectif d'une libéralisation de grande ampleur. Des services publics essentiels tels que l'éducation, la santé, l'approvisionnement en eau, l'énergie et la sécurité sociale semblent être les objectifs clairs de ces négociations. Toute libéralisation compromettant ces services publics aurait des conséquences négatives importantes et dramatiques pour les communautés et les individus à travers le monde », ajoute la députée allemande, plaidant pour davantage de transparence des négociations et pour l'exclusion des services publics du champ du futur accord TiSA.
Cinquante pays de l'OMC - Australie, Canada, Chili, Colombie, Costa Rica, Corée du Sud, États-Unis, Hong Kong, Islande, Israël, Japon, Liechtenstein, Mexique, Nouvelle-Zélande, Norvège, Pakistan, Panama, Paraguay, Pérou, Suisse, Taïwan, Turquie et les 28 États membres de l'UE - sont engagés depuis mars 2013 dans des pourparlers visant à contourner l'impasse du round de Doha sur la libéralisation des échanges de services. Ensemble, ces pays représentent plus des deux tiers du commerce mondial des services.
Les négociations TiSA portent sur tous les secteurs des services, incluant les TIC, les services de logistique et de transport, les services financiers et les services aux entreprises. Mais l'objectif du futur accord va au-delà de la seule ouverture des marchés des services: il s'agit aussi de développer de nouvelles règles sur le commerce des services, comme celles qui s'appliquent aux marchés publics de services, les procédures d'octroi de licences ou l'accès aux réseaux de communication. (EH)