Bruxelles, 23/06/2014 (Agence Europe) - L'horizon semble s'être encore un peu plus dégagé pour le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker, le candidat du PPE à la présidence de la Commission européenne, après le ralliement à sa cause, samedi 21 juin, de huit chefs d'État et de gouvernement sociaux-démocrates réunis à Paris pour un mini-sommet.
Emmenés par le président français, les responsables sociaux-démocrates ont exprimé leur soutien à la candidature de M. Juncker. « Nous respectons l'esprit qui a présidé aux élections européennes, c'est-à-dire que le parti qui arrive en tête puisse proposer le candidat qui a été présenté, en l'occurrence aujourd'hui M. Juncker », a dit M. Hollande à l'issue de la réunion qui réunissait entre autres les chefs des gouvernements italien, Matteo Renzi, danois, Helle Thorning-Schmidt, roumain, Victor Ponta, et belge, Elio Di Rupo.
Ce soutien implique toutefois une contrepartie: le poste de président du Conseil européen, vacant à partir de fin novembre, devra revenir à la famille socialiste.
Il y a d'autres responsabilités qui peuvent échoir à des noms qui sont d'inspiration sociale-démocrate, a poursuivi François Hollande, rapporte l'AFP. Sont notamment pressentis pour ces postes la Danoise Thorning-Schmidt ou même les ex-Premiers ministres français et italien, Jean-Marc Ayrault et Enrico Letta.
Focus sur la croissance sans modifier le Pacte de stabilité
La famille sociale-démocrate compte aussi peser sur le programme de travail de la Commission. « Les priorités que nous avons retenues, a expliqué François Hollande, c'est d'abord la croissance et l'emploi en utilisant toutes les marges, toutes les souplesses du Pacte de stabilité et de croissance, faire en sorte que l'emploi des jeunes soit véritablement la priorité budgétaire de l'UE et lancer un grand programme d'investissement pour organiser notamment la transition et l'indépendance énergétiques de l'Europe ».
Les chefs de gouvernement sociaux-démocrates ne cherchent pas à renégocier le Pacte de stabilité et de croissance. « Utiliser toutes les souplesses, cela veut dire que nous respections nos engagements, a précisé M. Hollande, mais que nous puissions savoir quels sont les investissements qui rentrent ou ne rentrent pas dans le niveau des dépenses - c'est la proposition italienne - faire aussi comprendre que, sur un certain nombre d'efforts liés aux fonds structurels, il puisse y avoir des ajustements ». Le président français a également précisé qu'il avait été « mandaté pour porter ces orientations » lors du Conseil européen.
L'inconnue D. Cameron. En dépit de la large majorité qui semble se dessiner en faveur de l'ancien Premier ministre luxembourgeois, le Premier ministre britannique, David Cameron, aurait encore l'intention de la mettre à l'épreuve et de forcer ses partenaires européens à prouver leur soutien à M. Juncker en déclenchant un vote, indiquent les médias britanniques. Lors d'une rencontre à Londres avec le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, il a tenté à nouveau de faire entendre ses préoccupations concernant la candidature de M. Juncker, qu'un grand nombre de pays approuveront plus par résignation ou calcul stratégique que par réelle ambition. Une faille que M. Cameron aimerait exploiter d'ici à vendredi. (SP)