Bruxelles, 10/04/2014 (Agence Europe) - Quelque 170 experts de l'UE, de pays tiers, d'ONG et d'organisations internationales, réunis jeudi 10 avril à Bruxelles pour plancher sur une approche européenne de la lutte contre le trafic des espèces sauvages menacées d'extinction, ont reconnu l'opportunité et l'urgence d'intensifier la lutte contre ce fléau international extrêmement lucratif pour le crime organisé. Ils étaient conviés par la Commission européenne à une conférence internationale (10-11 avril) qui coïncide avec la fin de la consultation publique lancée le 7 février par la Commission pour recueillir le maximum de points de vue sur les moyens les plus adéquats d'intensifier la lutte à l'échelle de l'UE (EUROPE 11014).
Manque de ressources, coopération insuffisante entre les agences chargées de faire appliquer la législation, niveau de sanction insuffisant dans certains États membres pour avoir l'effet dissuasif requis auprès des contrevenants, manque de données fiables permettant d'analyser l'ampleur du problème sont les principaux problèmes qu'ils ont identifiés. Ils ont également souligné la nécessité de renforcer encore la coopération entre les États membres pour mieux faire face au trafic transfrontalier et retracer les recettes illégales générées par un commerce tout aussi illégal.
« Le trafic d'espèces sauvages menace la biodiversité, entrave le potentiel de développement humain et menace gravement la paix, la sécurité et la bonne gouvernance. L'application effective de la législation est un point faible auquel il faut s'attaquer. Les contributions que nous avons reçues dans le cadre de la consultation publique l'ont clairement confirmé. Nous devons renforcer nos efforts pour combattre ce crime environnemental », a déclaré Janez Potocnik, commissaire à l'Environnement, à l'ouverture de la conférence.
Selon lui, il convient maintenant de « traduire en actions concrètes » les engagements politiques pris au plus haut niveau lors de conférences internationales qui ont eu lieu à Paris, Gaborone (Botswana) et, récemment, à Londres. Un plan d'action de l'UE - comme le demande le Parlement européen, représenté à la conférence par Gerben-Jan Gerbrandy (ADLE, néerlandais) - « semble être, pour la plupart des acteurs, le meilleur moyen d'avancer pour donner une orientation stratégique à notre action et en faire une priorité politique », a déclaré le commissaire
En dépit des efforts consentis par l'Union européenne pour lutter contre le trafic des espèces sauvages menacées d'extinction, on assiste à l'augmentation spectaculaire du braconnage et du commerce illégal de ces espèces au niveau mondial, l'UE étant l'un des principaux marchés et points de transit pour les produits issus du trafic. Les résultats de la consultation et les recommandations des experts guideront la Commission dans le réexamen des politiques et mesures de l'UE. (AN)