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Bulletin Quotidien Europe N° 11053
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ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / (ae) chypre

Le FMI redoute qu'une coalition affaiblie compromette le programme

Bruxelles, 03/04/2014 (Agence Europe) - Le Fonds monétaire international a relevé des risques entourant la mise en oeuvre du programme d'ajustement macroéconomique, du fait du départ du parti DIKO de la coalition. Ceci, en raison de désaccords dans les négociations sur la réunification de la petite île, ainsi que de la pression de plus en plus intense de la part des groupes d'intérêts et syndicats, notamment contre le programme de privatisations.

La 'troïka' (Commission européenne, BCE, FMI) a constaté, lors de toutes ses missions de suivi, la mise en oeuvre fidèle des termes du plan d'aide par les autorités chypriotes, à tel point que les objectifs budgétaires ont été dépassés pour 2013. Mais le départ du parti DIKO de la coalition, à la fin du mois de février dernier, « a compromis la majorité parlementaire du parlement, affaiblissant le soutien politique pour les politiques du programme », selon le FMI.

Le parlement chypriote a toutefois voté, début mars, une loi sur les privatisations, après un premier rejet. Mais le FMI souligne la pression grandissante de la part de syndicats et de groupes d'intérêts, alors que les actifs de l'État sont en train d'être préparés pour la vente. L'institution de Washington insiste sur le fait que des besoins en capitaux supplémentaires pour les banques, à l'issue des tests de résistance et de l'examen de la qualité des actifs à l'échelle européenne, ne peuvent pas être exclus. De même que de nombreux recours juridiques associés à la résolution des banques Laiki et Bank of Cyprus, où les déposants avaient été mis à contribution, pourraient « résulter en des coûts budgétaires supplémentaires ».

De son côté, le commissaire européen aux Affaires économiques, Olli Rehn, a déclaré mercredi que les autorités chypriotes « mènent les réformes du programme avec engagement et détermination ». Celui-ci a toujours estimé qu'une appropriation forte du programme était la clé du succès. Le FMI mitige ses craintes. Il souligne que les récentes adoptions de mesures difficiles témoignent du maintien de la capacité des Chypriotes à mettre en oeuvre les politiques du programme, en dépit de circonstances politiques difficiles. Quant aux besoins des banques, leur recapitalisation récente a assuré que les institutions de l'île pourraient s'en sortir même en cas de nouvelle détérioration de la qualité de leurs actifs. L'ampleur des coussins de liquidités leur permettra également de s'accomoder à de nouveaux besoins en capitaux. Enfin, le gouvernement a jusqu'ici réussi à rejeter les recours juridiques devant les tribunaux.

Des mesures difficiles restent toutefois à mettre en oeuvre, comme le cadre sur l'insolvabilité, face aux prêts toxiques qui pululent dans le secteur bancaire. Ces prêts ont atteint 50% du total des prêts des banques chypriotes en décembre dernier. Pour ce faire, la 'troïka' réclame la révision de la loi sur les saisies hypothécaires. Les autorités s'y sont engagées pour juin de cette année. Le FMI souligne en même temps le besoin de protéger les emprunteurs coopératifs, via le Code de conduite existant. Quant au cadre sur l'insolvabilité des entreprises et des particuliers, il doit être revu d'ici fin 2014.

La Commission européenne a publié le premier rapport du groupe de soutien à Chypre. Celui-ci souhaite focaliser désormais son attention sur la mise en oeuvre des projets. Le rapport explique que Chypre s'est engagée à réformer l'administration des revenus pour améliorer sa capacité de collecte de l'impôt et la lutte contre la fraude et l'évasion fiscales. D'ici au 1er juillet, l'île devra mettre en oeuvre une réforme du système social. (EL)

 

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