Bruxelles, 03/04/2014 (Agence Europe) - La réponse plutôt réservée de l'UE à la demande d'Alger d'envoyer des observateurs à l'élection présidentielle du 17 avril suscite des débats dans les médias algériens.
La Commission européenne avait affirmé avoir reçu un peu tard la demande et n'enverra, par conséquent, que deux experts sans droit d'expression publique. Une réponse minimaliste dont le ministre algérien des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, cherche à désamorcer l'effet: « L'UE sera néanmoins présente non seulement par le truchement d'experts avisés en matière d'observation, mais également par d'éminentes personnalités invitées par le gouvernement algérien », a-t-il déclaré, selon le quotidien Liberté-Algérie. Pour le journal, « chat échaudé craint l'eau froide ! Échaudée sans doute par les péripéties de sa supervision des législatives de mai 2012 quand ses fonctionnaires s'étaient vu refuser par le ministère de l'Intérieur l'accès au fichier électoral », l'UE se montrerait cette fois prudente.
Cela n'a pas manqué de susciter la réaction du gouvernement algérien. Une source du ministère des Affaires étrangères, citée hier par l'APS, a contesté la raison avancée par la Commission. La source citée affirme que « sitôt le corps électoral convoqué, l'Algérie a adressé une requête à la Haute représentante de l'UE, Catherine Ashton, formalisant l'invitation du gouvernement algérien ». Et le ministre Lamamra a, selon le journal, « justifié la défection de l'UE en invoquant des considérations liées notamment aux contraintes propres au fonctionnement des institutions européennes et surtout aux priorités d'agenda et de mobilisation des ressources financières pour la prise en charge des missions d'observation ».
Le fait que l'UE ait fait part de son attachement à la tenue d'un scrutin « juste et transparent » indique, selon le journal, que les résultats du prochain scrutin pourraient ne pas avoir la « caution européenne ». Mais le principal candidat, Abdelaziz Bouteflika, qui propose de rester en fonction pour un 4ème mandat, affirme par le biais de son porte-parole que « dès 2014, il y aura un changement dans la constitution. L'Algérie aura une démocratie large, une démocratie participative. Tous les citoyens participeront au développement du pays ». (FB)