Bruxelles, 03/04/2014 (Agence Europe) - La BCE n'exclut pas de prendre, à l'avenir, de nouvelles mesures pour lutter contre la faible inflation, même si ses prévisions à moyen terme en la matière demeurent en ligne avec sa mission première de maintenir l'inflation en dessous mais proche de 2%.
En l'état actuel des informations à sa disposition, l'institution européenne a décidé, jeudi 3 avril, de ne pas modifier ses principaux taux d'intérêt (0,25% pour les opérations principales de refinancement, 0,75% pour la facilité de prêt marginal et 0% pour la facilité de dépôt).
Faute de nouvelles décisions, le Conseil des gouverneurs emploie désormais un ton plus ferme par rapport à ses réunions mensuelles précédentes eu égard à la faible inflation, qui a baissé de 0,7% en février à 0,5% en mars selon l'Office statistique de l'UE (Eurostat) (EUROPE 11050). « Ce qui est important c'est que le Conseil des gouverneurs est unanime dans son engagement à utiliser aussi des instruments non conventionnels respectant son mandat pour faire face efficacement aux risques liés à une période trop prolongée de faible inflation », a souligné le président de la BCE, Mario Draghi.
L'ancien patron de la Banca d'Italia a indiqué que le Conseil des gouverneurs avait eu une discussion « riche et ample » sur l'éventail de mesures non conventionnelles qui pourraient être prises: le lancement d'un programme de rachat de titres ('quantitative easing'), la possibilité d'introduire des taux d'intérêt négatifs pour les dépôts que les banques effectuent au guichet de la BCE, l'injection massive - ciblée ou non - de liquidités, la possibilité d'un rappel moins important de liquidité pour couvrir les opérations de rachat de titres souverains passées dans le cadre du programme 'SMP' ('SMP sterilisation').
Jeudi, la question posée au Conseil des gouverneurs était la suivante: dans quelle mesure les nouvelles données modifient-elles son évaluation relative à l'évolution de l'inflation à moyen terme ? « Nous avons besoin d'information supplémentaire », a indiqué M. Draghi. Il a prédit que, le mois prochain, l'inflation remonterait. La période de Pâques, qui arrive tard cette année par rapport à 2013, est propice à une consommation accrue de services, notamment de transport, a-t-il considéré.
Interrogé sur les difficultés que suscite une période prolongée de basse inflation, le président de la BCE a évoqué un amoindrissement des effets du rééquilibrage macroéconomique au sein de la zone euro, un ralentissement du désendettement des secteurs public et privé ainsi qu'un prolongement de la stagnation économique actuelle, caractérisée par une croissance faible et un chômage élevé.
Déficit français. M. Draghi a répondu sèchement à la volonté de la France, exprimée le même jour par son nouveau ministre des Finances, Michel Sapin, de revoir avec l'échelon européen la trajectoire - pas l'objectif final - de réduction du déficit public: « Saper les règles établies sape la confiance ». (MB)