Bruxelles, 03/04/2014 (Agence Europe) - Le gouvernement islamo-conservateur turc n'avait toujours pas levé, jeudi 3 avril à la mi-journée, le blocage du réseau Twitter ordonné la veille par la Cour constitutionnelle.
Dans un arrêt rendu mercredi, la plus haute juridiction turque a jugé, à l'unanimité, que l'interdiction du réseau de microblogging constituait une violation du droit constitutionnel à la liberté d'expression et ordonné son déblocage immédiat. Le jugement de la cour, et qui s'impose à l'autorité turque des télécommunications (TIB), a été publié jeudi matin. La TIB a bloqué l'accès au réseau Twitter dans la nuit du 20 au 21 mars, sur instruction du Premier ministre, Recep Tayyip Erdogan, décidé à en finir avec la diffusion quotidienne sur Internet d'accusations de corruption visant son régime et sa personne.
L'opposition s'est indignée du retard pris par l'exécution de l'arrêt de la Cour.
Le commissaire européen à Élargissement, Stefan Füle, a salué, jeudi, le jugement de la Cour constitutionnelle, la qualifiant de « bonne nouvelle ». « Je me réjouis de son application dans les plus brefs délais », a-t-il ajouté.
La société américaine Twitter s'est, elle aussi, félicitée de cette décision. « Nous (...) espérons que l'accès à Twitter sera restauré sous peu en Turquie où le réseau dispose de quelque 12 millions d'utilisateurs », a-t-elle communiqué via son compte Twitter. Malgré les accusations de corruption qui pèsent sur lui, M. Erdogan a largement remporté les élections municipales de dimanche, cruciales pour son avenir politique. Il pourrait désormais annoncer sa candidature à la présidentielle d'août prochain. (LC)