Bruxelles, 03/04/2014 (Agence Europe) - Consulté pour avis, le Parlement européen soutient l'approche de la Commission qui sous-tend le projet de directive sur la sûreté nucléaire révisant celle de 2009, pour prendre en compte les leçons de Fukushima. Les écologistes dénoncent les lacunes de ce nouveau cadre.
Les députés ont adopté par 438 voix pour, 154 voix contre et 37 abstentions, mercredi 2 avril, une résolution sur la base du rapport de Romana Jordan (ADLE, slovène) sur la proposition de directive du Conseil modifiant la directive 2009/71/Euratom établissant un cadre communautaire pour la sûreté des installations nucléaires. Le Parlement, qui n'a pas de pouvoir de codécision sur les questions nucléaires en vertu du Traité Euratom, a apporté dans ses grandes lignes son soutien au projet de texte, dont un des objectifs principaux est l'obligation d'évaluations par les pairs tous les six ans de la sûreté des centrales, dans le droit fil des tests de résistance (stress tests) exigés par le Conseil européen, après l'accident de Fukushima (EUROPE 10866).
Sur l'ensemble du texte, les députés écologistes (Verts/ALE) dénoncent toutefois « la complaisance inégalable du Parlement à l'égard de l'industrie nucléaire ». Au-delà de leur échec à obtenir un changement de base juridique pour leur donner plus de pouvoir, Michèle Rivasi déplore l'affaiblissement par les députés d'un texte déjà « peu contraignant ». « Les autorités de sûreté (ASN) n'auront pas les compétences nécessaires pour empêcher les opérateurs de prendre des risques insensés », s'insurge la députée française, pointant du doigt une séparation seulement fonctionnelle entre les ASN et les entités promouvant le nucléaire ou produisant de l'électricité nucléaire, mais aussi l'absence de pouvoir de sanctions pour les ASN. (EH)