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Bulletin Quotidien Europe N° 11053
SOMMET UE-AFRIQUE / (ae) afrique/ue

Europe et Afrique résolues à renforcer leur partenariat pour la prospérité et la paix

Bruxelles, 03/04/2014 (Agence Europe) - Il ne sera pas dit que l'Europe se fait damer le pion par la Chine et les autres pays émergents qui courtisent l'Afrique. De l'avis de tous les participants, le quatrième sommet UE-Afrique qui s'est achevé jeudi 3 avril à Bruxelles fut fructueux en termes de perspectives pour le développement économique, la sécurité et le développement humain des deux continents.

Les chefs d'État et de gouvernement de l'Union européenne et de l'Afrique ont franchi une étape dans le partenariat entre pairs et la stratégie commune qui les lient depuis 2007, en affichant une détermination commune à investir dans les ressources humaines, dans la prospérité et dans la paix. Par prospérité, il faut entendre croissance inclusive durable et emploi, en particulier pour les jeunes.

La déclaration qu'ils ont adoptée à l'issue du sommet traduit l'engagement de l'Europe élargie à 28 qui amorce sa sortie de crise et le continent africain en pleine croissance (le taux de croissance moyen sera de 6% en 2014), mais encore confronté à des conflits dévastateurs dans certains pays comme la République centrafricaine, le Soudan du Sud, la République démocratique du Congo, de tirer le meilleur parti de leurs potentialités et de leurs interdépendances, de relever ensemble des défis communs et d'apporter des avantages concrets à leurs citoyens.

Cette déclaration, qui réaffirme l'attachement aux objectifs de cette stratégie commune, est celle des chefs d'État de l'UE et de l'Afrique, du président du Conseil européen, du président de la Commission européenne, du président de l'Union africaine et de la présidente de la Commission de l'Union africaine. Elle témoigne notamment de la volonté partagée de relever des défis communs.

Une feuille de route pour trois ans.

La déclaration s'accompagne d'une feuille de route pour la mise en oeuvre des cinq objectifs prioritaires de la stratégie commune sur la période 2014-2017: 1) la paix et la sécurité ; 2) la démocratie, la bonne gouvernance et les droits humains ; 3) le développement humain ; 4) le développement et la croissance durables et inclusifs, et l'intégration continentale ; 5) les questions globales et émergentes, comme la lutte contre le changement climatique (voir autre nouvelle). Signe de l'importance qu'il accorde au sujet, le sommet UE/Afrique a également adopté une déclaration sur la migration et la mobilité établissant un plan d'action en cinq points qui insiste sur les aspects positifs des migrations comme sur la lutte contre la migration irrégulière (voir autre nouvelle).

750 millions d'euros pour la Facilité de paix pour l'Afrique.

Le doublement des ressources de la Facilité de paix pour l'Afrique au cours des trois prochaines années (une enveloppe de 750 millions d'euros pour 2014-2016) est un signe politique fort de soutien de l'UE à l'architecture africaine de paix et de sécurité, qui constituait le thème phare de ce sommet pour les chefs d'État et de gouvernement de l'UE. Entre 2004 et 2013, 1,2 milliard d'euros avait été mobilisé par l'UE via cette facilité financée par le Fonds européen de développement (FED).

« La sécurité en Afrique est vitale pour assurer la sécurité dans le monde, tant pour garantir la sécurité maritime que pour la lutte contre l'extrémisme, le terrorisme ou le crime organisé. L'Union européenne continuera à soutenir les efforts africains en étroit partenariat avec les Nations unies. La réunion d'hier sur la République centrafricaine en est une preuve. Nous renouvellerons la Facilité de paix africaine à hauteur de plus de 750 millions d'euros pour les trois prochaines années », a déclaré Herman Van Rompuy, président du Conseil européen. Il a également évoqué l'importance de promouvoir l'investissement entre les deux continents, en rendant le crédit accessible aux PME, en luttant contre la corruption et en garantissant l'État de droit. « Les accords de partenariat économique (APE), y compris celui avec l'Afrique de l'Ouest, sont des éléments clés pour progresser vers l'intégration continentale par une zone de libre-échange », a-t-il affirmé. Ce sommet UE/Afrique a fourni l'occasion aux chefs d'État de la CEDEAO d'informer leurs partenaires européens du délai de deux mois qu'ils se donnent encore avant de signer l'APE avec l'UE.

Tirer parti des avantages comparatifs.

« Il y a beaucoup à faire pour tirer parti des opportunités et obtenir rapidement des bénéfices pour nos populations. Nous avons des défis communs à relever pour bâtir un avenir commun durable. Les peuples doivent être au coeur de nos efforts », a déclaré Mme Nkozana Dlamini-Zuma, présidente de la Commission de l'Union africaine. Et d'insister sur l'importance, pour les deux continents, de tirer parti de « leurs avantages comparatifs complémentaires » pour se renforcer mutuellement. « L'Afrique a 60% de terres arables encore disponibles, l'Europe a une énorme expérience des cultures, de la transformation des produits agricoles. Nous avons des pyramides des âges inversées. L'Afrique a énormément de jeunes, c'est le seul continent qui, en 2050, aura la population active jeune la plus importante au monde », a-t-elle déclaré. Investir dans ces jeunes pour en faire de jeunes professionnels c'est, selon elle, le meilleur rempart contre des tragédies comme celle de Lampedusa et contre les recruteurs du crime organisé.

Selon Mohamed Oul Adbel Aziz, président de la Mauritanie et président en exercice de l'Union africaine, ce partenariat renforcé doit permettre au continent africain de rattraper son retard. « Le taux moyen de croissance annuelle est de 5 à 6%, certes, mais il doit être soutenu pour créer de l'emploi pour les jeunes, pour les femmes. Nous avons besoin d'aide, de nouvelles technologies, pour accompagner la demande d'emploi, la croissance et la démographie galopante et faire face à des défis comme le changement climatique ».

Il a reconnu que la stabilité et la sécurité sont les défis majeurs de l'Afrique. « Nous avons toujours un déficit sur le plan logistique et du point de vue de l'opérationnalité. Sans la sécurité, sans la stabilité, le développement ne peut advenir ».

José Manuel Barroso, président de la Commission européenne, a salué l'accord de l'UE et de l'Afrique sur une vision partagée holistique couvrant le commerce, les investissements, le développement économique, la paix et la sécurité. Il a insisté sur « les opportunités extraordinaires » qu'offre l'Afrique en plein décollage économique, invitant à « bâtir sur ce potentiel en appliquant le principe de bonne gouvernance pour relever les défis de la croissance durable et inclusive, de la lutte contre les mouvements extrémistes et pour construire des infrastructures solides ».

Il a rappelé qu'à raison de 20 milliards d'euros d'aide par an, l'UE et ses États membres demeurent le premier fournisseur d'aide publique au développement de l'Afrique. Il a précisé que ce niveau sera maintenu pour 2014-2020. L'UE et l'Afrique ayant décidé d'investir dans le capital humain, M. Barroso a indiqué que la Commission européenne mobilisera 350 millions d'euros pour des échanges et des bourses d'étudiants et de chercheurs au titre du programme Erasmus +.

Le prochain sommet UE/Afrique sera accueilli en 2017 en Afrique, et 2016 sera érigée en année africaine des droits de l'homme. (AN)

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