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Bulletin Quotidien Europe N° 11024
ACTION EXTÉRIEURE / (ae) ukraine

L'UE exige la mise en oeuvre de l'accord conclu à Kiev

Bruxelles, 21/02/2014 (Agence Europe) - Le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, a appelé, vendredi 21 février, le gouvernement et l'opposition en Ukraine à « passer des paroles aux actes » en mettant en oeuvre l'accord de sortie de crise qu'ils ont signé en présence des médiateurs européens.

Le président français, François Hollande, lui aussi a « salué » cet accord et appelé à sa mise en oeuvre en « intégralité et dans les meilleurs délais ». Le président du Parlement européen, Martin Schulz, a dit que l'accord apportait l'espoir, mais que « les violences devaient cesser ».

Cet accord signé par l'opposition et le pouvoir en Ukraine « est un compromis nécessaire pour lancer l'indispensable dialogue politique » permettant à l'Ukraine de sortir de la crise, a jugé M. Van Rompuy. « Il est désormais de la responsabilité de toutes les parties d'être courageuses et de passer des paroles aux actes », a-t-il ajouté. La conclusion de cet accord a été rendue possible « par le travail important des ministres des Affaires étrangères français, allemand et polonais, et du Représentant spécial du président russe », Vladimir Loukine, a relevé M. Van Rompuy.

Les trois médiateurs européens ont assisté vendredi à la signature du texte par le président Viktor Ianoukovitch et les responsables de l'opposition. Selon M. Van Rompuy, ce compromis a aussi été rendu possible par « les efforts persistants » déployés depuis deux mois par la représentante de la diplomatie de l'UE, Catherine Ashton.

Un accord en cinq points. Le président Viktor Ianoukovitch et l'opposition ukrainienne ont signé un accord prévoyant notamment une élection présidentielle anticipée d'ici la fin 2014, la formation d'un gouvernement de coalition et une réforme constitutionnelle. Il survient après des violences qui ont fait près de 80 morts depuis mardi à Kiev.

Voici ce que dit l'accord: 1) Dans les 48 heures après la signature de cet accord, une loi spéciale sera adoptée, signée et promulguée, qui rétablira la Constitution de 2004, y compris les amendements adoptés jusqu'à présent. Les signataires déclarent leur intention de créer une coalition et de former un gouvernement d'union nationale dans les 10 jours qui suivent ; 2) La réforme constitutionnelle, visant à équilibrer les pouvoirs du président, du gouvernement et du parlement, va commencer immédiatement et être achevée en septembre 2014 ; 3) Des élections présidentielles auront lieu dès que la nouvelle Constitution sera adoptée, mais pas plus tard qu'en décembre 2014. Les nouvelles lois électorales seront adoptées et une nouvelle commission électorale centrale sera instituée fondée sur la proportionnalité. 4) Les enquêtes sur les récents actes de violence se dérouleront sous la surveillance conjointe des autorités, de l'opposition et du Conseil de l'Europe. Les autorités s'engagent à ne pas imposer l'état d'urgence. Les autorités et l'opposition devront s'abstenir d'actes de violence.

Sur l'emblématique place Maïdan, où entre 25 000 et 30 000 personnes étaient rassemblées, vendredi sous le soleil, les manifestants ne semblaient pas prêts à lâcher du lest, même si l'atmosphère était nettement moins tendue que la veille. « Les gens disent qu'ils ne quitteront pas Maïdan tant que Ianoukovitch ne sera pas parti », a déclaré à l'AFP Oleg Bukoyenko, un habitant de Kiev de 34 ans.

Des sanctions à la lumière des développements. Les ministres se sont accordés, jeudi 20 février, sur des sanctions ciblées (EUROPE 11023), y compris des interdictions de visas et des gels d'avoirs, contre ceux qui « sont responsables de violations des droits de l'homme, de violences et d'un usage excessif de la force ». Ils ont également décidé de « suspendre les licences d'exportation pour les équipements pouvant être utilisés pour la répression interne », comme le matériel antiémeute, sans toutefois engager un embargo sur les armes. Mais les conclusions du Conseil stipulent bien que « l'ampleur de la mise en oeuvre » de ces sanctions sera « poursuivie à la lumière des développements en Ukraine » et des résultats de la mission entamée jeudi par trois ministres européens, le Français Laurent Fabius, l'Allemand Frank-Walter Steinmeier et le Polonais Radoslaw Sikorski.. (LC)

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