Bruxelles, 10/02/2014 (Agence Europe) - Tandis qu'Européens et Latino-américains doivent échanger ce mois-ci leurs offres en matière d'accès au marché, l'Argentine laisse planer le doute sur son ambition.
Le Brésil et l'Uruguay se prépareraient à aller de l'avant dans des négociations « à deux vitesses » dans le cadre des pourparlers commerciaux entre l'UE et le Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay et Venezuela , en cours d'adhésion) si la proposition tarifaire de l'Argentine n'est pas aussi ambitieuse que celle du reste des membres du bloc sud-américain, laissait entendre le média latino-américain MercoPress, le 10 février, relayant des sources diplomatiques uruguayennes. Non seulement la proposition argentine de réduction des droits de douane serait plus conservatrice, mais Buenos Aires doute que l'UE abordera de manière efficace la question des subventions agricoles.
Les pays du Mercosur doivent se réunir cette semaine au niveau ministériel à Caracas pour faire converger leur position sur leur proposition d'offre de libéralisation tarifaire pour les produits agricoles et industriels, qu'ils doivent échanger avec l'UE en février, dix ans après l'échec d'une première tentative, en 2004. Ce nouvel échange avait initialement été programmé pour le 1er octobre 2013, lors de la dernière réunion ministérielle entre les deux blocs, en janvier 2013.
Côté sud-américain, les observateurs laissent entendre que le Brésil et l'Uruguay seraient pressés d'arriver à un accord avec l'UE pour compenser la perte des préférences tarifaires communautaires avec la mise en oeuvre du SPG révisé depuis début 2014. Seul le Paraguay jouit encore des préférences commerciales de l'UE sous ce régime, en vertu du SPG+. D'autre part, le Venezuela ne fera pas partie des négociations, car son processus d'adhésion au bloc sud-américain n'est pas totalement achevé.
Également affectée par la perte de ces préférences, l'Argentine, quelque peu engagée dans un processus de repli sur soi, montre moins d'engouement à boucler un accord avec l'UE. « La politique de l'UE en matière de subventions aux agriculteurs pourrait conduire à une situation difficile à résoudre, comme l'un des objectifs du Mercosur est l'ouverture des marchés agricoles qui restent fermés à la plupart de nos produits agricoles, et les Européens bénéficient d'un niveau de protectionnisme bien plus élevé que celui qui est acceptable pour nous », a déclaré la semaine dernière le chef de la diplomatie argentine, Hector Timerman, cité par MercoPress. Le ministre argentin se dit « préoccupé par le retard de l'UE dans la finalisation de sa proposition d'offre et des expressions de plusieurs pays européens en ce qui concerne le protectionnisme qu'ils pratiquent sur leurs marchés domestiques, en particulier l'agriculture ». (EH)