Bruxelles, 06/02/2014 (Agence Europe) - Le Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne a opté pour un nouveau statu quo, jeudi 6 février, laissant les taux d'intérêt des opérations principales de refinancement ainsi que ceux de la facilité de prêt marginal et de la facilité de dépôt à respectivement 0,25%, 0,75% et 0%. La complexité de la situation et le besoin d'avoir plus d'informations ont motivé ce choix.
« Avons-nous de la déflation ? La réponse est non », a tranché le président de l'institut de Francfort, Mario Draghi, lors de sa conférence de presse mensuelle. Ce que la zone euro traverse, c'est une période prolongée d'inflation basse, avant une reprise graduelle plus proche mais toujours sous 2%. Celle-ci est due au prix de l'énergie, mais également au haut taux de chômage et à la faiblesse de la demande. « Quand je dis que nous prévoyons une longue période de basse inflation, c'est soumis aux informations que nous avons maintenant. Nous voulons voir ce que celles à venir suggèreront », a-t-il indiqué. Et de préciser que les projections macroéconomiques qui sortiront en mars contiendront, pour la première fois, des prévisions pour l'année 2016.
M. Draghi s'est tout de même dit conscient des risques que représente en soi une période prolongée d'inflation basse et il a réitéré que son institution se tenait prête à agir en utilisant tous les instruments disponibles dans l'arsenal de la BCE autorisés par les traités. De quel instrument il pourrait s'agir, cela dépendra de la situation. La BCE agira dans deux cas de figure: si elle assiste à un resserrement non souhaité des marchés monétaires ou à une aggravation des perspectives d'inflation.
Le flux de crédit aux banques se stabilise mais reste faible et pourrait être ralentie par l'examen en cours de la qualité des actifs, a reconnu M. Draghi. Selon lui, cet examen aidera à moyen et long terme.
Quant aux turbulences sur les marchés émergents, M. Draghi a précisé que c'était hors du contrôle de la BCE et que la zone euro avait montré de bons signes de résistance. Enfin, sur l'accord passé avec l'Irlande relatif aux 'promissory notes' (pour allonger la durée de remboursement des prêts accordés pour le sauvetage d'Anglo Irish Bank), il a expliqué que l'évaluation serait connue « en temps voulu », une fois achevée. (EL)