Bruxelles, 20/12/2013 (Agence Europe) - Les dirigeants européens ne se sont guère émus de la dégradation de la notation à long terme de l'UE par Standard & Poors, passant de AAA à AA+, vendredi 20 décembre. L'agence de notation a justifié la perte du triple A par la baisse de la « qualité de la signature des 28 États membres » et des négociations budgétaires tendues laissant craindre des « risques concernant le soutien à l'UE de la part de certains États membres ».
La dégradation, survenue lors d'un Sommet européen, a laissé les leaders européens circonspects, faisant même dire au président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, que cela n'allait pas gâcher Noël. Quant à José Manuel Barroso, président de la Commission européenne, il a affirmé ne pas être d'accord avec cette décision, le budget de l'UE, sans déficit et sans dettes, ayant toujours été équilibré. Il a fait écho à la réaction du commissaire aux Affaires économiques, Olli Rehn, qui a soutenu que les États membres avaient toujours fourni leur contribution pleinement et à temps. M. Rehn a également fait valoir que les deux autres agences de notations principales, Fitch et Moodys, maintenaient la note AAA de l'UE.
À l'issue du Sommet européen, la chancelière allemande, Angela Merkel, n'a pas souhaité commenter la dégradation, tout comme le Premier ministre néerlandais, Mark Rutte. Le président français, François Hollande, a pour sa part jugé « étrange » de noter l'UE qui pourtant n'emprunte pas. Commentant les raisons invoquées pour cette notation revue à la baisse, M. Hollande a admis que le budget européen avait été difficile à obtenir mais que si des États ne parvenaient plus à l'alimenter ce serait ceux-là même qui devraient être dégradés. S&P en a d'ailleurs déjà dégradé sept cette année, dont la France. Le Premier ministre belge, Elio Di Rupo, a quant à lui rappelé à ce sujet qu'il s'agissait d'une analyse faite par « des experts qui jadis, avant la crise, disaient que tout allait bien ». Son voisin luxembourgeois, fraîchement désigné, Xavier Bettel, a aussi déclaré qu'il n'allait pas « se jeter d'un pont » pour autant. Tous les deux estiment toutefois que les réformes et les consolidations budgétaires doivent être poursuivies.
Seul le président du Conseil des ministres italien, Enrico Letta, a en revanche estimé que la décision de S&P était un signal à ne pas sous-estimer: « Cela démontre que la transition n'est pas encore terminée et que l'UE et l'euro sont encore sous observation des marchés ».
Il est à noter que la dégradation de la note européenne a été assortie d'une perspective « stable » indiquant que l'agence de notation ne devrait modifier de nouveau à moyen terme. Actuellement seuls six pays européens disposent encore d'une note AAA, la plus haute. (MD)