login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 10989
CONSEIL EUROPÉEN / (ae) dÉfense

Le Conseil européen adopte un programme de travail ambitieux pour la PSDC

Bruxelles, 20/12/2013 (Agence Europe) - Le Conseil européen a adopté, jeudi 19 décembre, dans la soirée, les conclusions sur la politique de sécurité et de défense commune (PSDC). Comme l'a résumé le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, l'objectif principal a été « de lancer le mouvement sur les capacités de défense, sur l'industrie de la défense et sur les opérations conjointes de l'UE ». Objectif atteint, selon le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, qui a parlé de « conclusions très ambitieuses ». Les chefs d'État et de gouvernement n'ont pas apporté de modifications substantielles au contenu des conclusions (EUROPE 10987) et la discussion a été, selon M. Van Rompuy, « assez ouverte et en fin de compte assez consensuelle ».

Soulignant qu'il existe de nouvelles menaces et que « l'environnement stratégique change rapidement », le président du Conseil européen a insisté sur le fait qu'on attend de nos pays qu'ils assument davantage de responsabilités dans notre voisinage. Il s'agit « d'être crédibles en tant qu'Européens sur la sécurité », a ajouté Herman Van Rompuy.

« L'Europe a besoin d'une politique de sécurité et de défense commune forte et crédible », a dit José Manuel Barroso, en soulignant que, pour cela, elle a besoin d'un secteur de la sécurité et de la défense compétitif et efficace. « Cela relève d'abord de la responsabilité des États membres de l'UE, mais la Commission peut les aider dans son domaine de compétences. C'est pourquoi nous avons fait des propositions pour renforcer le marché intérieur et la compétitivité de notre industrie de défense », a-t-il ajouté.

Devant la presse, le président français a estimé que « l'Europe de la défense avance ». Des étapes importantes viennent d'être franchies, a dit François Hollande en saluant le fait que le Conseil européen y reviendra dans 18 mois pour une nouvelle impulsion. En ce qui concerne les « décisions » du jour, il a longuement insisté sur la volonté « d'avoir des capacités, de pouvoir utiliser les mêmes matériels, les mêmes armes (…), d'éviter la dispersion des efforts, l'empilement des matériels qui se font concurrence ». D'où l'importance de renforcer la coopération pour développer des capacités communes - détenues par les États, pas par l'Europe, a-t-il tenu à préciser - en particulier dans les domaines des drones aériens, des avions ravitailleurs, des satellites de communication et de la cybersécurité.

Tout en saluant les efforts que les Vingt-huit veulent réaliser vers plus de coopération dans le domaine des capacités, la chancelière allemande, Angela Merkel, a surtout mis l'accent sur les efforts que l'Union doit faire pour soutenir ses partenaires (organisations régionales et pays tiers) afin de les aider à développer des capacités de gestion de crises, que ce soit au moyen de conseils, de missions de formation et d'entraînement ou encore sous forme d'équipements.

Mariano Rajoy, le président du gouvernement espagnol, a insisté sur le partenariat avec l'OTAN, et s'est prononcé en faveur d'un renforcement de l'Europe de la défense et des capacités nécessaires, sur la base d'une meilleure intégration industrielle. Il a aussi insisté sur l'importance que revêt l'élaboration d'une stratégie européenne de sécurité maritime.

Lors de sa conférence de presse, David Cameron a dit que « les activités de rétablissement de la paix ou de défense doivent être conduites par les Nations sur une base volontaire et ne pas être le fruit de quelque diktat de Bruxelles ». « L'objectif premier de l'UE devrait être de développer l'économie et la croissance et de créer des emplois, pas de fantasmer sur l'acquisition d'équipements de défense ou d'une armée », a poursuivi le Premier ministre britannique en expliquant qu'il avait fait supprimer les références à des capacités ou des équipements de l'UE. Il a aussi affirmé être d'accord avec François Hollande pour travailler ensemble à construire des capacités et à le faire bilatéralement.

« Une plus grande intégration dans les politiques de défense signifie moins de chevauchements entre les agissements des différents États membres et donc, au final, des économies dans les dépenses de défense de chaque pays pris isolément. La seule vraie façon pour économiser dans le long terme est l'intégration toujours plus forte de la défense au niveau européen. On peut ainsi économiser sans mettre en péril la sécurité des citoyens européens », a déclaré le président du Conseil italien, Enrico Letta, avant de souligner l'importance que son pays attache à l'adoption dans les prochains mois d'une stratégie de sécurité maritime. (JK/CG/FG/SP/LC/OJ)

Sommaire

CONSEIL EUROPÉEN
POLITIQUES SECTORIELLES
ÉCONOMIE- FINANCES
ACTION EXTÉRIEURE
INSTITUTIONNEL