Bruxelles, 11/12/2013 (Agence Europe) - Des ministres de l'Énergie des pays de l'espace euro-méditerranéen se sont réunis, mercredi 11 décembre à Bruxelles, à la veille du Conseil Énergie. Leur réunion était placée sous le format UpM (Union pour la Méditerranée), co-présidée par le commissaire Günther Oettinger et le ministre jordanien de l'Énergie et des Ressources minérales, Mohamed Hamed, et le point principal à son ordre du jour était d'approuver les éléments de mise en oeuvre du « plan solaire » méditerranéen. Ces éléments définis dans un « master plan » ont déjà été approuvés en juin dernier par les hauts fonctionnaires euro-méditerranéens en charge du pilotage du dialogue entre les deux rives de la Méditerranée.
Le « plan solaire » est un des projets phares de cette coopération entre l'UE et ses voisins méridionaux. L'ambition, affirmée dès 2008, est de créer un vaste réseau de production électrique sur la rive africaine de la Méditerranée et son « exportation » vers la rive nord s'est heurtée aux réalités d'un marché européen encore peu réglementé. La question du prix de l'énergie livrée en bout de lignes, l'état des réseaux d'interconnexions, la maturité technologique du solaire et, enfin, la difficulté de susciter un intérêt significatif des investisseurs a tempéré les ardeurs premières. Il ne reste au projet que de devoir recourir aux financements publics, notamment aux ressources du budget de l'UE et des institutions financières internationales ou nationales en charge du développement. L'UpM maintient cependant son engagement à ramener de l'argent des investisseurs privés. Une perspective a priori difficile à envisager dans la mesure où le principal argument de « vente », l'exportation de l'électricité vers l'Europe, paraît irréaliste et même le grand projet Desertec semble avoir abandonné cette idée.
Pour l'UpM, la tenue de son pari - sur ce projet en particulier - sera une preuve concrète de la survie d'une structure conjointe encore marquée par le scepticisme quant à ses chances d'aboutir autrement que comme une « annexe » technique de la Commission européenne. Ce doute s'est encore plus renforcé dans une Méditerranée politiquement troublée. Rappelons que le « master plan », proposé à l'examen des ministres qui traitent aussi bien des énergies renouvelables que de l'efficacité énergétique comporte la promesse, encore théorique, de développer de nouvelles capacités de production d'énergie renouvelable sur la rive sud et orientale de la Méditerranée d'ici à 2020, de l'ordre de 20 GW. (FB)