Bruxelles, 11/12/2013 (Agence Europe) - La Commission européenne s'est félicitée de l'arrêt rendu le 11 décembre par le Tribunal de l'UE (T-79/12) confirmant sa décision d'octobre 2011 de déclarer compatible avec le marché intérieur l'acquisition de Skype (logiciels de communication par Internet) par Microsoft (logiciels et services informatiques). Le Tribunal rejette ainsi le recours de Cisco et Messagenet, concurrents de Skype, demandant l'annulation de cette décision au motif que la concentration aurait eu des effets anticoncurrentiels sur le marché des communications vidéo grand public et professionnelles.
Dans son arrêt, le Tribunal estime que, même si l'acquisition de Skype permet à Microsoft de détenir une part de 80 à 90% du segment des communications grand public correspondant aux communications vidéo faites à partir de PC fonctionnant sous son système d'exploitation Windows, cette forte présence sur ce segment ne reflète pas un pouvoir de marché permettant à Microsoft de nuire de façon significative à la concurrence sur l'ensemble du marché intérieur des communications grand public. En effet, les parts de marché sur ce segment en pleine évolution peuvent s'avérer éphémères et, d'autre part, Microsoft, très présent sur le marché des logiciels pour PC, l'est beaucoup moins sur celui des plateformes concurrentes (tablettes, smartphones ou PC tournant sous d'autres systèmes d'exploitation) vers lesquelles les utilisateurs de PC sous Windows pourraient se tourner si Microsoft voulait augmenter les prix des communications. Le Tribunal rejette aussi l'argument de Cisco et Messagenet selon lequel, grâce à cette concentration, Microsoft pourrait fausser la concurrence en réservant à Lync, son produit sur le marché des communications professionnelles, une interopérabilité préférentielle avec Skype et avec sa grande base d'utilisateurs. En effet: - la réalisation de l'interopérabilité entre Lync et Skype et la commercialisation réussie du nouveau produit en résultant dépendent d'une série de facteurs, qui pourraient ne pas tous se produire dans un avenir suffisamment proche ;
- les avantages précis et la demande réelle d'un tel produit combiné restent vagues ; - Lync est en concurrence avec d'autres grands acteurs sur le marché des communications pour les entreprises, tels que Cisco, qui détient à elle seule une part plus grande du marché que Microsoft. Sur ces bases, le Tribunal rejette l'intégralité du recours de Cisco et Messagenet. (FG)