Bruxelles, 05/12/2013 (Agence Europe) - Les États membres de l'UE sont à 100% derrière l'ambition de la Commission de soutenir le déploiement d'un réseau d'infrastructures de recharge de carburants alternatifs (électricité, gaz hydrogène), sauf que les délégations européennes ont édulcoré la proposition de directive en la matière en tablant sur une élaboration d'un réseau de recharge à l'horizon 2030 seulement, et pas 2020, et en ayant recours aux objectifs chiffrés nationaux de la Commission à titre indicatif uniquement dans leurs plans nationaux (contraignants et présentés un an après l'entrée en vigueur de la directive).
Le Conseil 'Transports' a adopté une orientation générale à ce sujet, jeudi 5 décembre, sur base d'une proposition de directive de la Commission, afin d'ouvrir les négociations avec le Parlement européen. Le commissaire européen aux Transports, Siim Kallas, s'est félicité de l'approche générale tout en ayant des réserves sur le niveau d'ambition. « Il n'y aucune raison de ne pas agir maintenant, il faut que notre avenir soit assuré. Nous devons nous engager clairement par rapport aux acteurs du secteur privé, il faut qu'ils investissent », a-t-il insisté auprès des délégations, espérant qu'elles en reviennent à la proposition initiale de la Commission à propos du calendrier. Les Pays-Bas, la Belgique, le Luxembourg et la Finlande se sont montrés bien plus pressés, mais la majorité des États membres sont restés campés sur l'horizon 2030, notamment les nouveaux entrants.
La majorité des États membres ont insisté sur la nécessité de respecter leur réalité nationale (AT, SE, B, SI, HU, CZ notamment). C'est pourquoi ils détermineront eux-mêmes leurs plans nationaux de déploiement des infrastructures de stations de recharge et de ravitaillement. Pourtant, la Commission proposait dans le réseau transeuropéen de transport des quotas nationaux de stations de recharge électriques ainsi que les stations hydrogène tous les 300 km pour les voitures électriques, des stations de recharge pour le gaz naturel liquéfié (LNG) tous les 400 km pour les poids lourds et tous les 150 km dans les ports pour les navires.
Les délégations européennes ont souscrit par ailleurs à la volonté de la Commission d'harmoniser les standards techniques, notamment pour les prises de recharge électrique. L'Allemagne a salué ce point, alors que son modèle a été retenu, en précisant qu'il s'agissait d'un pas considérable pour l'industrie, l'uniformisation étant un vecteur de compétitivité pour l'UE. Un compromis a été trouvé pour que les autres types de prises de recharge, notamment la française, puissent y être combinées. La France ne s'est pas prononcée sur ce choix technologique en définitive, mais le ministre Cuvillier a exprimé un « très vif regret » à propos du fait qu'il faudrait envoyer un signal beaucoup plus convaincant à propos de l'électro-mobilité « alors que de grands États tiers adoptent des programmes très volontaristes ». Le ministre lituanien des Transports et des Communications, Rimantas Sinkevicius, a toutefois conclu que les délais liés à cette directive pourraient encore faire l'objet de discussions avec le Parlement européen. Celui-ci a en effet conservé la date butoir de 2020 et l'aspect contraignant de la proposition de la Commission. (MD)