Bruxelles, 02/12/2013 (Agence Europe) - La Commission européenne est parue irritée, lundi 2 décembre, par l'interprétation faite dans la presse d'un des points de négociations controversé qui fait barrage à une conclusion de la mission de la 'troïka' (Commission européenne, BCE, FMI).
Une source de la 'troïka' avait déploré, vendredi, que certains engagements pris plus tôt dans l'année étaient remis en question par les autorités grecques. Serait concernée la levée du moratoire de 5 ans sur la saisie des biens immobiliers dont les propriétaires ne paient plus le crédit hypothécaire. Ce moratoire, qui concerne les propriétaires qui doivent aux banques moins de 200 000 euros, arrive à échéance fin décembre.
Lundi, la Commission a assuré qu'elle ne proposait pas une levée du moratoire. Elle veut discuter avec les autorités grecques de « comment reformuler la protection offerte aux ménages les plus vulnérables et s'assurer que cette protection soit justement ciblée » et ne laisse plus de place aux abus, a indiqué Simon O'Connor, porte-parole du commissaire chargé de l'euro, Olli Rehn. Le système actuel « protège les plus vulnérables » mais donne également la possibilité aux autres d'en abuser et, ce faisant, retarde « la possibilité pour les banques grecques de se remettre sur pied et de pouvoir fournir à nouveau les crédits nécessaires aux ménages et aux PME pour investir et créer des emplois », a-t-il ajouté. Cette question sensible est en train d'être discutée avec Athènes. La Grèce s'est endettée de 50 milliards d'euros pour recapitaliser ses banques mais le crédit n'est pas reparti pour autant. Face aux critiques d'un journaliste, M. O'Connor a souligné l'importance d'un système bancaire sain et bien supervisé pour que « l'on laisse cette crise derrière nous ». Il a ajouté que la protection des plus vulnérables relevait de l'État et non du système bancaire.
La 'troïka' ne sera pas de retour à Athènes avant le prochain Eurogroupe, lundi 9 décembre. Pour l'heure, les discussions se poursuivent à distance sur « plusieurs chantiers qui restent ouverts », a précisé M. O'Connor. Le versement de la sous-tranche d'un milliard d'euros, attendue depuis octobre, pourra avoir lieu sur simple feu vert des experts techniques du Conseil sur base des recommandations de la 'troïka'. Cité par l'ANSA, le ministre grec des Finances, Yannis Stournaras, a jugé possible un tel versement avant fin 2013. (EL)