Londres, 02/12/2013 (Agence Europe) - Réunis à Londres du 27 au 30 novembre, les membres du Parti des libéraux et démocrates européens (ADLE) ont lancé une campagne résolument « pro-européenne », centrée sur la compétitivité économique et le « business », mais encline également à réformer le mode de fonctionnement de l'UE et notamment la Commission.
Un congrès qui a pris la forme d'un vaste brain storming pour les quelque 1 000 délégués venus dans la capitale britannique qui aura à la fois permis l'adoption par le parti de son Manifeste pour les prochaines élections mais aussi la réélection de Graham Watson à la présidence du parti, avec plus de 90% des voix.
Ce congrès, qui avait la particularité d'être accueilli à Londres alors que le Premier ministre conservateur, David Cameron, ne cesse de multiplier les critiques contre les règles européennes, en particulier celles relatives à la libre circulation, a également été l'occasion pour les deux candidats actuellement déclarés au poste de président de la Commission de sortir officiellement de leur silence. Sur des modes toutefois très différents, flamboyant pour le président belge du groupe ADLE au Parlement, Guy Verhofstadt, beaucoup plus réservé pour l'actuel commissaire aux Affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, dont la candidature au PE et au poste clef de la campagne a d'ailleurs été officialisée par un communiqué de son parti national.
Vendredi, lors de leur prise de parole respective, Guy Verhofstadt s'était dit toujours aussi « obsédé » mais « pas par le fédéralisme ; obsédé par la perte d'influence de l'Europe » et par une Union qui se positionne sur les grands enjeux d'un monde globalisé, « pas sur l'huile d'olive dans les restaurants ! ». Critiquant les eurosceptiques britanniques, en premier lieu l'UKIP de Nigel Farage dont le salaire au Parlement européen constitue selon lui « l'un des plus grands gâchis de l'UE », a-t-il ironisé, Guy Verhofstadt a insisté sur le fait qu'une sortie de Londres de l'UE n'aurait aucun bénéfice économique. Mais « rester dans l'UE ne veut toutefois pas dire rester dans l'UE telle qu'elle existe aujourd'hui », a-t-il continué. Guy Verhofstadt a en tout cas appelé ses troupes à y croire. « Créons la surprise et gagnons les élections ! », a-t-il harangué.
Olli Rehn, quant à lui, a déroulé un discours digne du commissaire européen qu'il est encore et rappelé d'emblée que si les menaces sur la zone euro ont disparu il ne « faut pas clamer que tout va bien », le chômage restant préoccupant. Le commissaire a insisté sur la poursuite des réformes, de la compétitivité ou sur la promotion des accords de libre-échange. Reprenant l'adage de José Manuel Barroso à son compte, Olli Rehn a également jugé que l'UE devait à l'avenir être « big on big things, small on smaller things ».
C'est finalement son homologue au Commerce, le Belge Karel De Gucht, également présent à Londres, qui a fait la meilleure promotion du commissaire finlandais. Si le Finlandais a dû porter la casquette du « mauvais flic », « la recette qui a été appliquée a été la bonne », a-t-il jugé. « Quand on voit la croissance qui repart, l'on se dit que l'on a apporté la bonne réponse », a poursuivi Karel De Gucht.
Le processus étant ouvert, le parti se réunira à nouveau à Londres le 1er février pour déterminer le candidat qui mènera la bataille des Européennes. En vertu du code de conduite des commissaires, Olli Rehn pourrait se mettre en congé électoral le temps de la campagne. Un congé électoral non rémunéré qui doit démarrer au plus tard à la dernière session du PE, en l'occurrence fin mars 2014. Informé, le président de la Commission est également tenu de dire si la participation à la campagne est compatible avec les fonctions du commissaire, Olli Rehn détenant aujourd'hui le portefeuille le plus sensible. (SP)