Bruxelles, 02/12/2013 (Agence Europe) - Accueilli avec soulagement par les institutions de l'UE, le compromis enfin entériné par les ambassadeurs des 28 sur les modalités d'application de l'objectif contraignant de 95 grammes/km pour les émissions de CO2 de la flotte de voitures neuves à l'horion 2020 divise encore industrie et ONG (EUROPE 10974).
Valentinas Mazuronis, président du Conseil « Environnement », a salué un pas vers une Europe efficace dans l'utilisation des ressources. « Garantir la construction d'infrastructures de carburants alternatifs et la production de véhicules à émissions ultra-basses dans l'Union pourrait faciliter le travail des forces du marché et contribuer à la croissance économique en Europe. Une Europe efficace dans l'utilisation des ressources qui soutient la transition vers une économie à faible intensité de carbone nous aidera à atteindre la croissance durable ». Faisant contre mauvaise fortune bon coeur, Matthias Groote (S&D allemand), président de la commission de l'environnement du Parlement, retient de ce compromis que la raison l'a finalement emporté au Conseil. « Il est très regrettable que quelques États membres au Conseil aient voulu retarder un accord interinstitutionnel. Un nouveau report aurait renvoyé cette législation à la prochaine législature, avec pour effet de retarder l'innovation, ce qui aurait été contre-productif au regard des efforts déployés pour la protection du climat. Ce n'est pas uniquement l'Allemagne, mais toute l'UE qui profitera du progrès dans le secteur automobile », fait-il observer.
L'ONG Transport & Environment (T&E) affirme, elle, que l'objectif pour 2020 ne sera pas de 95 grammes/km comme ce fut décidé il y a quatre ans, mais de 100g/km et qu'à cause de l'Allemagne et de ses constructeurs automobiles, les conducteurs automobiles européens verront leur facture de carburant augmenter de 775 euros pendant la durée de vie de leur voiture. Cette consommation additionnelle de carburant causera 50 millions de tonnes d'émissions de CO2 en plus, déplore T&E. « C'est scandaleux que les pays de l'UE, pressés par le gouvernement Merkel, aient cédé aux intérêts des constructeurs allemands de voitures de luxe aux dépens de l'environnement, de l'emploi et de l'économie en général », s'indigne Greg Archer.
L'Association européenne des fournisseurs de l'automobile (CLEPA), en revanche, salue l'accord renégocié « qui offre à l'investissement un environnement clair et stable, et aidera l'industrie automobile à conserver son leadership technologique. Le maintien des super-crédits et l'éco-innovation pour les véhicules à faibles émissions stimuleront la mise au point de technologies avancées », estime Marc Gales, son PDG. (AN)