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Bulletin Quotidien Europe N° 10964
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / (ae) eurogroupe

L'Irlande et l'Espagne félicitées pour la fin de leur programme

Bruxelles, 15/11/2013 (Agence Europe) - C'est officiel: l'Irlande et l'Espagne mettront un terme à leur plan d'aide respectif d'ici à fin 2013. Elles ne solliciteront pas de soutien additionnel sous la forme d'une ligne de crédit préventive du Mécanisme européen de stabilité (MES).

« Je voudrais féliciter les deux pays qui ont toujours démontré leur ferme engagement » à appliquer leur programme, a déclaré le président de l'Eurogroupe, jeudi 14 novembre à l'issue de l'Eurogroupe. « Les citoyens irlandais et espagnols ont traversé une période difficile mais je suis confiant que cela va payer », a ajouté Jeroen Dijsselbloem. Selon lui, ces deux pays constituent « des exemples de la façon dont des programmes peuvent fonctionner » à condition qu'il y ait appropriation au niveau national et mise en oeuvre rapide des mesures requises en échange d'une aide financière. Pour le directeur exécutif du MES, Klaus Regling, la stratégie de l'eurozone qui combine assistance temporaire et conditionnalité fonctionne.

L'Allemagne et la Finlande ne voulaient pas donner l'impression à leur opinion publique de devoir s'engager à continuer à soutenir financièrement deux pays convalescents, a commenté ce haut responsable.

En tant que pays 'post-programme' au regard du Pacte de stabilité, Dublin et Madrid feront l'objet d'une surveillance rapprochée par le biais de missions de suivi semestrielles jusqu'à ce que 75% de la dette contractée (67,5 milliards d'euros pour l'Irlande, 41 milliards pour l'Espagne) aient été remboursés. Monitoring oui, mais « pas de mesures » à mettre en oeuvre, a souligné M. Dijsselbloem.

Dans sa déclaration, l'Eurogroupe salue la confiance retrouvée des investisseurs envers l'Irlande, notamment grâce à la décision d'augmenter les maturités des prêts, ainsi que la réforme décisive du secteur bancaire. Il approuve l'enveloppe supérieure à 20 milliards d'euros constituée et qui dépasse les besoins bruts de financement du pays pour 2014. En outre, il accueille favorablement l'engagement de Dublin de poursuivre les réformes et de respecter ses objectifs de réduction du déficit (EUROPE n°10962).

Espagne. Ayant permis à Madrid de conserver son accès au marché, le programme espagnol était focalisé sur la réforme du secteur financier. L'Eurogroupe se félicite du renforcement de la solidité des banques espagnoles et du cadre réglementaire de supervision. Néanmoins, le commissaire chargé de l'euro, Olli Rehn, a insisté sur la nécessité de faire aboutir la réforme de la gouvernance des caisses d'épargne.

Les ministres des Finances voient par ailleurs d'un bon oeil les réformes structurelles en cours en Espagne ainsi que les progrès réalisés en matière d'assainissement des finances publiques et de réduction des déséquilibres économiques. Ces résultats se reflètent dans les données économiques récentes selon lesquelles l'économie espagnole a recommencé à croître et la confiance du marché est de retour, se félicitent-ils.

La barre est-elle désormais placée trop haut pour le Portugal, prochain pays de la zone euro appelé à sortir de son programme d'ici à mai 2014 ? Lisbonne, qui peine à appliquer à la lettre et dans les temps son programme, aurait préféré que l'Irlande essuie les plâtres d'une sortie assistée de programme afin de ne pas se retrouver potentiellement seule dans une telle situation. « Je ne pense pas que les décisions d'aujourd'hui influenceront la décision en attente pour le Portugal », a estimé M. Dijsselbloem. « L'Irlande n'est pas un précédent. Nous jugerons au cas par cas en fonction de la situation », a enchaîné M. Rehn. (MB)

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