Bruxelles, 11/10/2013 (Agence Europe) - L'ancien président de la Commission européenne, Jacques Delors, a déploré, vendredi 11 octobre, que les États de l'UE se défaussent trop souvent sur Bruxelles, devenu « une sorte d'épouvantail à moineaux ».
Il a aussi mis en garde contre le « piège » que constituerait une révision des traités européens à la « convenance » de Londres pour éviter une sortie du Royaume-Uni de l'UE.
« C'est plus facile, quand il y a à transposer un texte décidé par le Conseil européen, de dire: 'c'est Bruxelles'», a déclaré Jacques Delors, dans un entretien diffusé sur la radio France Inter. L'Europe est « devenue une sorte d'épouvantail à moineaux et les gouvernements n'ont rien fait pour qu'il en soit autrement », a-t-il ajouté. « Les décisions sont prises par les chefs d'État et de gouvernement (...) mais pas par la Commission. La Commission ne fait qu'appliquer » les décisions des 28, a-t-il souligné.
Jacques Delors, qui fut président de la Commission européenne de 1985 à 1995, a critiqué le budget « riquiqui » de l'UE pour la période 2014-2020. « C'est la déception la plus grande que j'ai eue », a-t-il dit.
Quant au Royaume-Uni qui pourrait d'ici la fin de 2017 se prononcer sur son appartenance à l'UE, M. Delors a déclaré que c'était « à elle de choisir. Mais une chose qui n'est pas possible, c'est de nous obliger, nous (les autres États membres de l'UE), à revoir les traités à sa convenance. C'est le piège que l'on va nous tendre sans doute ». Le Premier ministre conservateur, David Cameron, s'est engagé à organiser un tel référendum, s'il est réélu, en 2015. (LC).