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Bulletin Quotidien Europe N° 10939
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) commerce

Tension maximale avec la Russie

Bruxelles, 09/10/2013 (Agence Europe) - La Commission demande à Moscou des clarifications sur son interdiction des importations de produits laitiers lituaniens. La dimension politique des décisions russes est dénoncée.

L'exécutif européen va vérifier si l'interdiction en Russie des importations de produits laitiers en provenance de Lituanie est compatible avec les règles de l'OMC, a annoncé, mardi 8 octobre, le commissaire Karel De Gucht. « Nous vérifions la compatibilité de ces mesures avec les règles de l'OMC », dont la Russie fait partie depuis 2012, a-t-il affirmé devant le Parlement européen, réuni à Strasbourg.

Les mesures annoncées par Moscou le 6 octobre, mais en place depuis le 12 septembre, vont être discutées à l'OMC le 18 octobre, a précisé M. De Gucht. « Des mesures qui ne sont pas étroitement liées à des risques spécifiques sont inopportunes et discriminatoires et leur compatibilité avec les règles de l'OMC semble discutable », a-t-il commenté, précisant que les autorités russes n'avaient toujours pas justifié leur démarche. Lundi, l'agence sanitaire russe a seulement invoqué des risques sanitaires. Mardi, le commissaire a pointé du doigt les motivations souvent politiques des décisions prises par les autorités sanitaires russes.

Lundi, la Commission avait tenté de calmer le jeu, appelant seulement Moscou à clarifier sa position. « Conformément aux règles de l'OMC, toute restriction décidée par la Russie pour des motifs sanitaires doit être justifiée par la démonstration d'un risque, et la mesure prise doit être proportionnée au niveau de risque identifié », avaient déclaré les services du commissaire européen à la Santé, Tonio Borg.

Après des mois de vaines discussions avec les autorités russes, l'ouverture par l'exécutif européen, le 9 juillet, d'une procédure à l'OMC contre la taxe russe de recyclage imposée aux véhicules importés - la première affaire portée par l'UE à Genève contre son voisin russe (EUROPE 10884) - avait déjà ravivé les tensions commerciales. En août, le renforcement des contrôles russes sur les camions lituaniens se rendant en Russie, portant préjudice aux transporteurs lituaniens, avait aussi fait des remous.

Mais, ce nouveau contentieux commercial illustre la tension persistante entre l'UE et la Russie à la veille du sommet du Partenariat oriental, fin novembre (les 28 et 29) à Vilnius, qui doit rapprocher l'UE et six pays issus de l'ex-URSS (Arménie, Azerbaïdjan, Belarus, Géorgie, Moldavie et Ukraine). Un rapprochement que la Russie, qui veut construire sa propre alliance commerciale avec des pays, voit d'un mauvais oeil.

Pressions inacceptables, juge le Parlement européen. À l'occasion de travaux informels de son comité chargé de la politique commerciale, début octobre, les pressions politiques et économiques russes sur les pays du Partenariat oriental et la Lituanie avaient été clairement pointées du doigt au Conseil. Mardi, lors d'un débat au Parlement européen avec M. De Gucht, les députés ont vivement critiqué la guerre commerciale menée par la Russie contre la présidence lituanienne. Au-delà du non-respect des engagements de la Russie à l'égard de ses obligations à l'OMC, certains eurodéputés, comme l'Allemand Daniel Caspary (PPE), ont dénoncé des manoeuvres visant à torpiller le Partenariat oriental. Plaidant pour une réponse solidaire de l'UE, les députés ont appelé la Commission à utiliser tous les moyens possibles pour vite remédier à la situation.

Les produits laitiers néerlandais visés par Moscou. Trois jours après l'annonce de l'interruption des produits laitiers lituaniens, les autorités russes ont critiqué, mercredi 9 octobre, la qualité sanitaire des produits laitiers des Pays-Bas. « Les résultats préliminaires de l'audit qui va être mené par les experts russes jusqu'au 12 octobre ne sont pas satisfaisants », a déclaré un responsable de l'autorité sanitaire russe, cité par l'agence Interfax. Une critique qui intervient au lendemain de vives protestations des autorités russes, dont le président Vladimir Poutine, après l'interpellation d'un diplomate russe à La Haye. (EH)

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